Un peu moins de deux ans après avoir pris ses quartiers à l'Hôtel de Bourvallais, fief de la Justice, la femme de confiance du président - et son fidèle soldat - va aller voir ailleurs. Rachida Dati, sur les invitations de plus en plus pressantes (semble-t-il) de son pygmalion Nicolas Sarkozy, a finalement décidé d'être colistière du ministre de l'Agriculture Michel Barnier : la ministre de la Justice sera numéro deux sur la liste UMP en Ile-de-France pour les élections européennes qui se tiendront, en France, le dimanche 7 juin 2009.
En s'alignant pour les échéances européennes, où il s'agira de désigner les 72 députés français qui siègeront au Parlement européen (736 sièges) pour un mandat de cinq ans, Rachida Dati abdique nécessairement ses fonctions de Garde des Sceaux, comme nous l'évoquions ce matin. Le doute n'est plus permis : dans le courant de la journée, le président Sarkozy, vraisemblablement heureux du revirement (?) de sa protégée (qui aurait précédemment décliné l'invitation à conduire la liste UMP aux européennes), l'a confirmé.
Interrogé en marge de la clôture des états généraux de la presse, le chef de l'Etat, prié de dire si Rachida Dati serait en position éligible derrière Michel Barnier, a laconiquement répondu "bien sûr". Mais en ajoutant que "les candidats siègeront, c'est la règle", il a implicitement reconnu qu'elle devrait renoncer à sa mission de Garde des Sceaux.
On peut supposer que Nicolas Sarkozy ne peut que se féliciter d'une telle situation : il a réussi à engager au niveau européen celle qui, au sein du gouvernement national, est le symbole de la diversité et du leitmotiv méritocratique sarkozien. Un bonus de capital image pour la France et la classe politique française à l'échelon européen, en somme.
Rachida Dati, après avoir alimenté les rumeurs de remaniement en sa défaveur, fera donc ses cartons en juin, au lendemain du scrutin, et un mois après Michel Barnier, qui fera campagne. Un changement d'air qui va forcément laisser un vide : tout simplement parce qu'elle en aura abattu du boulot, depuis son arrivée place Vendôme ! N'en déplaise à ses détracteurs, la focalisation sur cette ministre "haute couture", sur son tempérament qui apparaît relativement intransigeant (les relations occasionnellement difficiles avec ses collaborateurs ou les magistrats en témoignent), sur sa maternité, n'occultera pas sa réelle activité et son rythme effréné. Car, si nous la suivons avec assiduité depuis un certain temps maintenant, sur Purepeople.com, c'est aussi parce qu'elle est... très active ! La mise en acte de sa réforme de la carte judiciaire - rapidement élaborée, par surcroît -, ses avancées sur le sujet polémique des peines planchers et de la récidive : autant d'actions réclamées par le président de la République et par essence sujettes à controverse, qu'elle a menées contre vents et marées.
Evidemment, malgré l'annonce de sa candidature aux européennes, inutile d'attendre d'elle qu'elle lève le pied avant l'heure. Aujourd'hui, elle participait à l'assemblée générale de la conférence des bâtonniers (le bâtonnier désignant l'avocat primus inter pares - premier parmi ses pairs - d'un barreau, qui préside au Conseil de l'Ordre), à l'hôtel Westin, à Paris.
On souhaite par avance bon courage à son successeur place Vendôme. Il (ou elle) peut commencer la cure de vitamines...
Elle va donc partager son temps entre Paris, Bruxelles et Strasbourg... et Zohra dans tout ça ? Elle va prendre le TGV avec sa maman, voilà !










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