Après la partie de catch à trois (deux contre une, en fait) dans laquelle elle a été entraînée par Daniel Cohn-Bendit et Elisabeth Guigou, Rachida Dati a vu son épopée pré-scrutin européen (un tour unique le 7 juin prochain) sérieusement perturbée par des livres à charge, des fausses-vérités, des propos rapportés et déformés et la dernière attaque en date, pas des moindres, l'affaire de "l'ex beau-frère" - une chronique judiciaire qui l'a placée une fois de plus dans l'oeil du cyclone médiatique...
Mais, alors qu'elle doit également préparer ses cartons pour son départ de la place Vendôme, - qui ne serait peut-être que début juillet en fait, d'après nos informations... - le calendrier a conservé ses droits et l'actualité impose sa loi : la Garde des Sceaux continue son tour d'Ile-de-France, inséparable de Michel Barnier, meneur de la liste UMP aux élections européennes. D'autant que, selon un sondage CSA-Le Parisien-Aujourd'hui en France paru ce matin, les listes UMP en Ile-de-France enregistrent un recul de 2% des intentions de vote en leur faveur - mais devancent toujours le PS, 26% contre 21%.
Alors, Rachida Dati sort sa botte secrète pour à la fois conjurer les attaques personnelles et rétablir la tendance du baromètre UMP : elle va au marché ! Après avoir participé à une réunion départementale à Gagny, en Seine-Saint-Denis, où on a pu la voir participer à une... ola pendant la photo de groupe, la ministre de la Justice a battu campagne, serrant les paluches par bottes de douze devant les régimes de bananes, les volailles prêtes à passer à la casserole (ou au four), et autres spécialités charcutières. Elle n'a économisé ni ses sourires, ni ses bons mots, ni même ses attentions toutes maternelles lorsqu'elle croisait de jeunes enfants, mais n'a, en revanche, pas cédé à l'appel de la mode, vêtue très simplement, en campagne, elle est à l'aise. Elle partout accueillie avec des sourires et des mains tendues.
Bref, le sprint final est lancé, et tout se joue désormais sur le terrain, qu'il convient d'occuper du mieux possible. Et ensuite ? Ensuite, il y aura la fin de sa carrière de ministre. "Vous n'allez pas me croire", confie-t-elle au Figaro, qui dressait hier un état des lieux de son ministère - elle a fait passé trois lois essentielles qui étaient dans son cahier des charges, celui demandé par le président Sarkozy - à la veille de la fin de sa mission : "ce que j'ai préféré dans ma vie, ce n'est sans doute pas être ministre... C'était la campagne présidentielle."
On ressentirait presque un certain soulagement dans la perspective de sa "retraite", notamment lorsqu'elle glisse : "J'ai compris que mon père serait soulagé que je ne sois plus ministre... Il a été très affecté par toutes les attaques, comme moi, sur le plan personnel..."
L'après-ministère, cela étant, est encore un peu nébuleux. Bien sûr, il y aura le Parlement européen, à Bruxelles, dont Daniel Cohn-Bendit affirme qu'elle ne fréquentera pas beaucoup les sièges, - faux a-t-elle dit en renvoyant dans ses buts l'homme de mai 68 ! - tandis qu'elle-même se projette déjà : "Il y a plein de sujets passionnants... Je compte porter des sujets économiques : ce sont les plus importants, ceux sur lesquels nous sommes codécideurs..."
Il se dit par ailleurs que, si son agenda ministériel s'est nettement (et logiquement) allégé, son agenda personnel ne désemplit pas : elle rencontre de nombreux interlocuteurs pour élaborer ses futurs engagements. "Je ne disparaîtrai pas", promet-elle. Evidemment, elle va s'investir encore plus dans sa mairie du VIIe.
On saura ce qu'il en sera... en temps voulu. Mais à court terme, une seule chose se profile avec certitude : "c'est la quille, avec ma fille" - ce "joli petit bouledogue !
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