Il fallait s'y attendre. A force d'être omniprésente et sur tous les fronts, Rachida Dati a le droit à deux biographies polémiques. L'intrigante, de Jacqueline Remy sortira le 9 avril au Seuil, tandis que Belle-Amie, de Michaël Darmon et Yves Derai déjà auteurs de Ruptures sur Nicolas Sarkozy et Cécilia, paraîtra demain...
Le 5 février, sortira donc aux Editions du Moment la première biographie - non autorisée évidemment - de l'année sur notre Garde des Sceaux. Le Nouvel Observateur en kiosque demain, consacre 8 pages au phénomène Dati et publie les bonnes feuilles de l'ouvrage, retraçant son parcours social, son ascension fulgurante dans la pyramide du pouvoir, et son audace, qui l'a menée jusqu'à la place Vendôme. Car si elle s'apprête à quitter le ministère de la Justice au printemps prochain, la Garde des Sceaux aura fait couler beaucoup d'encre en un peu moins de deux ans.
A commencer par ses tenues, maintes fois étudiées, son goût pour les jolies choses, maintes fois critiqué, ses réformes, souvent passées dans la polémique, et enfin sa fille Zohra, qui suscite la curiosité du monde entier.
Loin d'être un livre de révélation, Belle Amie promet pourtant d'apporter de nouvelles pistes sur la paternité de la petite Zohra, née le 2 janvier dernier. Les auteurs évoquent ainsi une nouvelle piste quatarie en la personne d'Ali Bin Fetais al-Marri, le procureur général du Qatar (?). Un nom de plus qui vient allonger la liste des "papas potentiels" de la petite fille mais dont seule Mme Dati connaît la véritable identité.
D'ailleurs, selon L'Express, la maman de 43 ans aurait avoué lors d'un déjeuner le 20 janvier dernier avec une vingtaine de conseillères UMP de Paris, que sa fille ne lui ressemble pas du tout et qu'elle a... les yeux de son père ! Ce qui pourrait laisser penser qu'elle n'a pas les yeux noirs ! Fichtre... une nouvelle piste pour les chercheurs de papas !
Quant à son propre père, il semblerait, selon le livre, qu'il ne lui parle plus depuis qu'il a eu vent de la grossesse de sa fille "par la presse". Les auteurs ont dû boucler leur bouquin un peu tôt, car sur de nombreuses photos, dans tous les magazines, M'Bark Dati était très présent et souriant lors de ses nombreuses visites à la clinique pour découvrir sa petite-fille...
Son ascension ? Ce n'est un secret pour personne, on connaît déjà l'histoire. Le parcours d'une jeune femme issue de l'immigration, qui à force de persévérance, de culot, a réussi à se faire accepter par les plus grands, de Jacques Attali à Albin Chalandon, autrefois ministre de la Justice, en passant par Edith Cresson, Simone Veil puis Cécilia et Nicolas Sarkozy.
"On sait très bien comment elle a progressé, de piston en piston", aurait dit Brice Hortefeux. Il fallait "pallier les défaillances techniques de la ministre et la rassurer", aurait confié l'un de ses anciens collaborateurs. Rachida malmenée, on connaît déjà la chanson. On attend donc avec impatience, la suite.
Le livre l'annonce rejetée, détestée, ne sachant pas gérer les crises, colérique, mal embouchée, menaçante, incapable et insupportable ! Ouf, n'en jetez plus. Auraient-ils écrit le même livre il y a 1 an, quand elle était "bankable" pour la presse ? Rhabillée pour toute la saison par les auteurs, qui reconnaissent que certains ont quand même tenu des propos et des plaisanteries d'un goût douteux, proches de la xénophobie...
Bien sûr, elle a dû mal vivre son prochain départ du ministère de la Justice, "l'obligation" de faire équipe avec Michel Barnier pour les Européennes. Il est certain qu'elle ne possède pas tous les codes, qu'elle en a bousculés plus d'un, mais pendant un certain temps, ça a plu !
La "encore" ministre de la Justice va t-elle saisir cette opportunité pour tourner la sortie de ce livre à son avantage ? Va t-elle en profiter pour faire des révélations tant attendues ?
Le Nouvel Obs a d'ailleurs l'honnêteté, trouvant sans doute ce livre très à charge, de faire témoigner Jean-Pierre Raffarin dans ses colonnes, en exergue de la publication des meilleures feuilles de Belle-Amie.
En effet, celle que Jean-Pierre Raffarin surnomme la "yes we can" à la française, qui vante ses mérites de "leader politique" et qui fait l'éloge de sa "créativité, son originalité, sa différence", des "qualités moins bien acceptées au sommet", admet que si elle dérange c'est qu'elle ne rentre pas dans le moule... c'est évident !
Sabrina Bestani
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