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Raphaël, Somnambule : Il sourit, au bout du rêve initié par son fils Roman

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Raphaël, clip Somnambule, premier extrait de l'album Somnambules à paraître le 20 avril 2015.

Les poings lourds (d'électro), Raphaël a gentiment cassé la gueule, en 2012 avec Super-Welter, du romantique qu'il n'avait pas décidé d'être et qu'on lui faisait jouer depuis le début de son périple en Caravane. "Aujourd'hui ça n'a plus d'importance, cette image me va", dit-il. Tant mieux, car la joie qu'il entend partager avec son disque Somnambules (sortie le 20 avril), "malgré la tristesse et la médiocrité ambiante", semble quand même avoir ce quelque chose d'écorché, cette clarté pâle, cette beauté lunaire, cette fragilité novalisienne qui l'habillent comme une force magnétique.

Si son visage est aujourd'hui amoché, comme on l'a découvert par surprise aux Victoires de la Musique et comme on le vérifie avec le clip de son nouveau morceau, Somnambule (sans s, cette fois - c'est un poète au pied de la lettre), la pratique intensive de sa récente passion pour la boxe n'est pas en cause. La paternité et la posture de Peter Pan, si. Le boxeur Insensible (un des titres de son précédent album) a quitté le ring et l'Asphalte (id.) pour entreprendre un voyage au bout de la nuit et vers la lumière en compagnie d'enfants, qui peuplent tout son nouvel album et aussi le clip de Somnambule. Pas ceux issus de son mariage avec la comédienne Mélanie Thierry, Roman (6 ans) et Aliocha (1 an), même s'ils ont été le moteur de ce projet inattendu et atypique avec un choeur de bambins : "Ces envies sont nées à la naissance de mon premier fils et j'ai écrit le disque dans le maelstrom émotionnel de la naissance du second", reconnaît l'artiste de 39 ans.

Voyage au bout du rêve...

Le coeur enfant, le choeur en fête, Raphaël explore calmement dans Somnambule, son nouveau single, "un paradis imaginaire". Les arrangements réalisés sans luxe de temps et "sans chichis" avec Craig Silvey (Arcade Fire), qui avait mixé Super-Welter, dans le "bon vieux studio Ferber" sont assourdis dans les couplets, mimant la brume du sommeil, la ouate des rêves. "Y a-t-il une vie le lendemain ? Est-ce qu'on reconnaîtra les siens ?", s'interroge le chanteur, bercé par cette boîte à musique habitée par l'esprit des enfants. Puis vient le refrain, et la lumière entre et inonde les limbes, l'instrumentation se fait brillante, la voix des enfants vibrante. Au moment du pont, c'est l'euphorie de la récréation, les percussions s'emballent dans une marche libérée...

Le clip, réalisé par Raphaël, retrace ce cheminement. Dans la pénombre morose et incertaine d'un parking, le chanteur au teint blême, les lèvres bleuies et cernées de marques, rappelant l'onirisme noir de certains personnages de Tim Burton, entraîne à sa suite un groupe d'enfants dans une ascension vers le ciel. Petits gavroches muets et scrutateurs, petits ramoneurs au visage taché de suie, petits zombies qui attendent de prendre vie. La bande grimpe d'étage en étage, virage après virage, dans un effet de boucle à l'infini qui nous ferait presque croire que le sommeil est vraiment paradoxal. Mais, dans cette partie de "1, 2, 3, soleil", chacun se met tour à tour à danser. Enfin, la lumière du jour point au bout du tunnel ; tout le monde s'élance, et c'est bientôt au tour de Raphaël lui-même de virevolter, de tournoyer et de faire des claquettes sur les toits de Paris, sous un soleil voilé qui souligne la silhouette du Sacré-Coeur, et, plus loin, celles de la tour Eiffel, de la Tour Montparnasse, de la Défense. Un sourire radieux passe un instant sur son visage, et l'envolée frénétique s'achève dans une pose sereine de corbeau majestueux, avant de redescendre dans les ténèbres d'où jaillissent les plus beaux rêves. Et de revoir l'image discrète sur le mur : celle d'un Pierrot qui illustrait la couverture d'une édition de Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. Car c'est au coeur de l'errance et de la morbidité de l'existence (que traduit la meurtrissure du corps) que Raphaël retrouve l'énergie, l'enfance et son insouciance.

Raphaël contemplant l'image d'un Pierrot utilisée en couverture d'une édition de Voyage au bout de la nuit de Céline, dans le clip de Somnambule, en mars 2015
Raphaël contemplant l'image d'un Pierrot utilisée en couverture d'une édition de Voyage au bout de la nuit de Céline, dans le clip de Somnambule , en mars 2015

"La vie se passe à compenser son enfance, paraît-il. J'ai peut-être été trop couvé, d'une enfance trop tendre, je cherche un peu à jouer au garçon, et le voilier est un endroit parfait pour un misanthrope-solitaire de mon espèce, explique le chanteur dans l'argumentaire de l'album Somnambules, interrogé sur son nouveau mode d'itinérance - la navigation. Je ne fais chier personne et réciproquement. Seulement, j'ai un peu mal au coeur."

Qu'on ne s'y trompe pas, Somnambules, comme il l'affirme, est "un disque un peu joyeux, malgré la tristesse et la médiocrité ambiante". Et pour cause : "Ça a commencé en 2008, à la naissance de mon fils aîné, par une envie de capter quelque chose de l'enfance (...) j'ai écrit le disque dans le maelstrom émotionnel de la naissance du second, il y a quelque chose des vies antérieures, des limbes, du Peter Pan disant : 'Quand j'eus 7 jours, voyez vous, je décidai de plus grandir.'" L'idée de faire appel à un choeur d'enfants pour la totalité de l'album est d'ailleurs enracinée profondément : "Ce doit être le chant en commun, quelque chose qui réunit, remonter aux cours de Talmud de l'enfance, des enfants qui chantent sous la voix de basse du chantre. Peut-être aussi faire entendre la voix d'un petit fantôme passé avant ma naissance", tente-t-il d'expliquer.

"Et puis merde, qui a envie d'entendre ça ?"

Pour la concrétisation de ce projet étonnant, en revanche, c'est beaucoup plus prosaïque. Dans l'écriture, en premier lieu : "C'est une contrainte très forte. Ne pas écrire de chansons d'amour mais parler de la violence, de la joie et de la tristesse de l'enfance, éviter le côté angélique, la joliesse insipide. N'ayant pas 70 enfants à disposition, il fallait imaginer. Là, ça pourrait marcher, ici non... Cent fois, j'ai voulu abandonner et faire ce que je sais faire, des chansons d'amour, de perdition... Et puis merde, qui a envie d'entendre ça ? Il valait mieux essayer de faire un disque un peu joyeux, malgré la tristesse et la médiocrité ambiante."

Dans la réalisation, ensuite, lorsqu'il s'est agi de trouver les choristes et que son rôle de papa l'a mis sur la bonne voie, celle de l'école Houdon : "Quand mon fils aîné était en maternelle, l'an dernier, je l'ai accompagné à une sortie chorale chez les grands et j'ai vu l'école Houdon. Classée en z.e.p, murs de briques rouges, l'école de la République laïque et mixte dans ce qu'elle a de plus beau. Pour l'album, j'ai d'abord essayé de travailler avec une chorale professionnelle, mais cela sonnait trop propret, et puis l'idée d'une aventure humaine plus impliquante m'attirait. À la rentrée, j'ai contacté par téléphone la directrice de l'école Houdon, qui m'a reçu dans la journée. J'avais peur des obstacles administratifs (...), j'avais eu quelques expériences démoralisantes de ce type avec l'Institut français. Elle, a tout de suite considéré que c'était une aventure enrichissante pour les enfants, de participer à l'enregistrement d'un disque, et balayé tous les obstacles qui se sont présentés, avec enthousiasme et gentillesse : sans cette femme, rien n'aurait été possible, j'aurais sûrement abandonné le projet. (...) J'ai passé pas mal de temps à l'école, à répéter avec ma 12 cordes, à causer, boire du thé, faire des photos... On a enregistré les enfants dans l'école même, en apportant les magnétos en classe. Des enfants de CM2 dans une salle surchauffée, des séances de deux heures, c'était impressionnant."

"J'ai moins de musique en moi. C'est peut-être ça, vieillir..."

Dans l'enregistrement, enfin : "Le disque fonctionne sur l'énergie, tout a été enregistré live, tous les musiciens sont jeunes, enfin plus jeunes que moi. Même le quatuor à cordes, c'étaient presque des enfants. Que des instruments acoustiques – sauf une guitare électrique de Bombino sur un titre, que je n'ai pas eu le coeur d'enlever. Le disque a été enregistré en quelques jours, dans la joie. J'avais l'habitude d'accumuler les couches, ici c'est l'inverse : il n'y a aucune option sur les bandes, jamais plus de deux prises par titre, la plupart des voix enregistrées au moment de la prise. Je suis comme un acteur de cinéma : moins je réfléchis, meilleur je suis. Les cordes ont été écrites par un jeune et brillant musicien, tout juste sorti de l'école, elles donnent une sensation de fraîcheur, comme une journée à la campagne."

Une démarche artistique authentique et régénératrice qui a accouché d'un "rêve éveillé déjà ancien, à la féerie vieille école hors classe", pour reprendre la superbe formule de l'écrivain et critique Bayon.

"La plupart des gens ont déjà leur religion sur moi, j'ai juste essayé de faire ce disque le plus honnêtement possible, j'espère qu'il aura une belle vie", dit en toute transparence Raphaël, soucieux simplement "d'apporter un peu de tendresse, de fabriquer des jolies chansons". Et d'avouer : "Depuis quelques années, je chante moins, j'ai moins de musique en moi. C'est peut-être ça vieillir, avoir du mal à trouver de la beauté. Peut-être que ces chants d'enfants sont là pour réanimer la petite musique intérieure, mon choeur artificiel." Maladie de coeur, s'intitule justement une des chansons de l'album. Mais Tous mes petits enfants et
Si jamais je nais demain annoncent encore des lendemains... qui chantent. Et avec les voix d'enfants qui soufflent dans les voiles, et les ailes d'oiseaux qui le portent depuis toujours ("enfant, je chantais continuellement, comme un oiseau"), le voyage de Raphaël viendra toujours à bout de l'ennui.

Tracklisting de Somnambules :

Somnambule
Arsenal
Sur mon dos
Maladie de coeur
Ça sent l'essence
Samedi soir
Par ici les ailes d'oiseaux
Chant d'honneur
Primaire
Tous mes petits enfants
Si jamais je nais demain
Ramène-moi en arrière
Eyes on the island

Guillaume Joffroy

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