A l'occasion de la sortie en DVD à la fin du mois de la première saison de la série-événement True Blood, avec Anna Paquin, Stephen Moyer et Ryan Kwanten, et qui relate l'histoire de vampires vivant "amicalement" parmi les humains, Pierre Serisier, un expert en séries télé, nous livre ses impressions sur cette série vampirisante extrêmement réussie !
"Il faut relativiser l'aspect "mode" des vampires. Et se souvenir que les vampires ont toujours existé de manière récurrente dans notre culture depuis l'ouvrage Dracula de Bram Stoker, publié en 1897. Ils sont aspect de notre connaissance commune au même titre que les chevaliers, les méchants ou les héros. Il s'agit plus d'une évolution sous deux aspects que d'une mode. Le premier aspect de l'évolution tient au fait de l'intégration. Désormais, les vampires, dans la fiction, sont socialement intégrés. Il y a évidemment une allusion à l'intégration des minorités aux Etats-Unis. Le second est lié à l'adolescence et s'accompagne d'un plaidoyer en faveur de l'abstinence. Une humaine ne peut vraiment coucher avec un vampire. En ce sens, le phénomène est très conservateur, voire rétrograde."
"Alan Ball (le créateur de Six Feet Under et de True Blood) est un homme très doué et a de bonnes idées de réalisation. Il se sert des romans de Charlaine Harris comme base de travail, mais il s'en éloigne nettement dans la réalisation, y apportant des touches personnelles et des évolutions qui ne figurent pas dans les ouvrages. On a le sentiment qu'il a fait le voeu de ne rien s'interdire. Ainsi, dans la saison 2, il explore la mythologie au travers des adorateurs de Bacchus, laissant en grande partie de côté l'aspect vampire. Comme si True Blood n'était plus tout à fait une série sur les vampires, mais quelque chose de plus large et de plus vaste. Un propos sur la pesistance des croyances et des pratiques ancestrales en contradiction avec la modernité."
"Il est évident que les vampires sont le symbole d'une minorité exclue. Le thème est d'actualité aux Etats-Unis car les minoritaires seront "majoritaires" dans la population américaine en 2020. Donc leur intégration est une préoccupation très importante pour la majorité blanche anglophone qui, ne l'oublions pas, règne sur Hollywood et sur l'industrie du divertissement. Ball estime sans doute que cette évolution est inévitable et que le mieux est de s'y préparer afin de l'accepter le moins douloureusement possible. Ce thème de l'exclusion et de la crispation des Blancs est renforcée et caricaturée par l'apparition d'intégristes religieux. La condamnation du fanatisme est claire. La liberté religieuse qui est un phénomène typiquement américain est ici dénoncé comme source d'excès, de violence et surtout de régression de l'intelligence humaine. Cette dénonciation du phénomène sectaire n'est pas neuve. Elle existe également dans la série Big Love."
"True Blood est produit par HBO. Une vraie marque de fabrique. Une politique qui existe depuis des années. Une capacité à prendre des risques financiers et à savoir choisir des bons sujets. La personnalité de son patron y est également pour beaucoup. Le taux de déchets des séries qu'ils produisent est extrêmement faible. Comme quoi, l'intelligence peut trouver un public !"
L'histoire de True Blood ? Ayant trouvé un substitut pour se nourrir sans tuer (du sang synthétique), les vampires vivent désormais parmi les humains. Sookie, une serveuse capable de lire dans les esprits, tombe sous le charme de Bill, un mystérieux vampire. Une rencontre qui bouleverse la vie de la jeune femme...
Dans le coffret DVD de la première saison à paraître le 25 novembre prochain, vous trouverez en bonus un "docu-moqueur" sur les vampires aux Etats-Unis, des commentaires audio des acteurs et de l'équipe de production : Alan Ball, Anna paquin (Sookie) et Stephen Moyen (Bill), et des commentaires de l'écrivain et réalisateur Akiva Goldsman et du producteur exécutif Jeff Pinkner.
Et si vous ne connaissez pas cette série, rendez-vous ci-dessus pour la découvrir !
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