A défaut de pouvoir retourner sur sa terre natale, la Colombie, faute de recevoir des garanties suffisantes en matière de sécurité, Ingrid Betancourt poursuit son tour du monde et tente de rallier toutes les bonnes volontés à ses projets.
Elle était hier à Madrid, aux côtés de son ancien compagnon de captivité, Luis Eladio Perez, pour la présentation du livre que publie ce dernier : Infierno Verde (Enfer Vert).
A cette occasion, l'ex-otage des Farc — vêtue d'un pan de tapisserie… — a de nouveau exprimé son désir d'instituer une coalition internationale fédératrice consacrée à la résolution des crises : "nous travaillons à un projet de fondation", a-t-elle déclaré, dont la vocation "serait de donner les moyens pour agir en situation de crise, là où les gens en ont besoin, d'agir pour la liberté, pour la défense des droits de l'homme et pour un monde différent en relation avec l'écologie". Ce qui, vous en conviendrez, représente pas mal d'enjeux à la fois…
D'où la nécessité de former une "dream team", une équipe de choc : "pour cela, nous avons besoin de gens disposés à lutter et à réfléchir. Je veux rencontrer les meilleures personnes", a-t-elle expliqué. Des objectifs universels qui n'empêchant pas la Franco-Colombienne de 46 ans d'accorder une attention toute particulière à la Colombie, qu'elle veut "servir". Son but : "l'aider à vivre d'une autre manière, en créant un espace de concorde et de dialogue". Un espace dans lequel elle invite ses anciens tortionnaires : "J'espère que les Farc entendrons le message : il y a un espace pour eux en Colombie", leur a-t-elle adressé, les invitant à avoir recours "aux voies démocratiques pour changer les choses et non en tuant".
Alors qu'Ingrid Betancourt entend faire de "la politique différemment", son ancien compagnon de détention — et de tentative d'évasion —, l'ancien sénateur colombien Luis Elario Perez, estime qu'elle a la capacité "à diriger un mouvement qui rassemble la gauche, la droite et tous les Colombiens".
En attendant, la Franco-Colombienne continue sa campagne de sensibilisation : profitant de son passage par Madrid, le roi Juan Carlos l'a reçue au Palais Zarzuela. Un interlocuteur de plus sur sa liste.
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