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REPORTAGE PHOTOS : Jo-Wilfried Tsonga, grande gueule et grand talent... mais pas suffisant !

News publiée Le Dimanche 9 Novembre 2008 à 17:05
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Cette semaine, Jo-Wilfried Tsonga a encore rendez-vous avec l'Histoire. Quelques jours après avoir brillamment remporté l'Open de Paris, dimanche dernier, le Manceau de 23 ans, numéro 7 mondial et numéro un français, dispute actuellement la finale des finales, pour laquelle ce sacre parisien lui a donné son billet d'entrée : le Masters de Shanghai.

Traditionnelle conclusion en apothéose de la saison tennistique, le Masters, qui fait s'affronter les huit meilleurs joueurs de l'année répartis en deux poules de deux, qualificatives pour demi-finales et finale, doit pour sa 39e édition se passer du numéro un mondial Rafael Nadal, forfait. Du coup, Gilles Simon, numéro 9 mondial, a été appelé, ce qui nous fait deux Français en lice — inédit depuis Yannick Noah et Henri Leconte en 1986 — pour affronter le gratin mondial (Federer, Roddick, Djokovic…).

Pour son entrée en matière, Jo-Wilfried Tsonga a bataillé comme un fauve, ce qui n'est pas nouveau, mais a finalement dû s'incliner devant l'excellent tacticien russe Nicolai Davydenko (n°5 mondial) — 6-7 (6/8), 6-4, 7-6. Il faudra désormais battre Juan Del Potro et Novak Djokovic — encore — pour avoir une chance de continuer dans le tournoi.

Au vu du niveau de jeu et d'engagement qu'il a déjà montrés, c'est dans les cordes de Jo-Wilfried Tsonga. D'autant que le garçon n'a pas besoin de bonne étoile pour croire en lui : "Je sais désormais que je suis capable de battre quasiment cinq joueurs du Top 10 à la suite, déclare-t-il dans le Journal du Dimanche. J'en impose, j'ai une carrure et je ne me laisse pas intimider. C'est assez naturel. Mais je déteste la prétention (…). Quand j'ai rejoué Roddick à Melbourne cette année, je lui ai montré qu'à la baston du regard, je n'étais pas le dernier. Et à Bercy, j'ai bien vu qu'à ce petit jeu-là, je lui montais dessus."

"Ce n'est pas parce qu'[un joueur] est sûr de lui et ambitieux qu'il a la grosse tête, fait remarquer celui qui a ouvertement la place de numéro un mondial en point de mire. Cela relève de la jalousie de mecs qui se cachent derrière leur petit classement pour critiquer. En attendant ce ne sont pas eux qui sont dans le Top 10. On l'ouvre quand on peut l'ouvrir. Sinon, on la ferme…"

Musclé sur les courts, musclé en dehors. L'explosif Jo-Wilfried devient plus philosophe en évoquant l'élection de Barack Obama : "Je trouve ça chouette parce qu'il est métis : par définition, il représente tout le monde (…) Moi, aujourd'hui, je suis quoi ? Je suis Noir ou bien Blanc ? Je me suis souvent posé cette question. Ici, je suis Noir mais en Afrique on dit que je suis Blanc. Ce qui se passe avec Obama est une réelle avancée. Mais il y a encore du boulot, partout".

Allez, Jo : retourne sur le court, et… à ton tour de casser la baraque !

G.J.



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