Ce n'est plus à démontrer, le Belge Benoît Poelvoorde est fou. Mais attention, pas n'importe quel fou : un fou attachant, désopilant, clownesque — rien à voir avec George. On savait le garçon siphonné, cintré, il est désormais… complètement ciré !
Il est le premier comédien belge à intégrer le Musée Grévin, où il a rejoint hier plusieurs de ses compatriotes (Georges Simenon, Eddy Merckx, Amélie Nothomb, Marguerite Yourcenar). Un honneur et un travail, de la part du sculpteur Stéphane Barret, qui l'a mis "sur le fondement", comme il l'a déclaré.
Survoltée, la pile belge, qui sera bientôt à l'affiche de Coco avant Chanel, n'a pas arrêté de provoquer l'hilarité de son public du soir, que ce soit par l'image, multipliant les poses en duo avec son double, ou par le son, mettant au supplice la directrice du Grévin, Béatrice de Reyniès, et Pierre Tchernia — qui représentait l'Académie Grévin, qui élit les nouveaux sosies —, incapables de prononcer leurs discours respectifs sans être continuellement interrompus !
Le Namurois de 44 ans a enchaîné les bons mots : "Ça ne m'a rien coûté et c'est pas si cher que ça", s'est-il amusé à propos de l'ensemble Lacoste que son clone et lui-même portaient, avant de flinguer l'effigie de Lorie, lançant qu'elle "ne devrait pas tarder à prendre la direction de la cave".
Mais à l'issue de cette soirée d'inauguration loin d'être ennuyeuse, c'est l'émotion qui s'est emparée de lui, lorsqu'il a tenu à évoquer le décès de Guillaume Depardieu, survenu quelques heures auparavant : "J'ai appris la mort de Guillaume. Gérard est mon ami, je partage son chagrin, mais je ne peux m'exprimer plus dans ces circonstances, ce serait indécent", a-t-il sobrement déclaré.
D'un seul coup, Poelvoorde était devenu un clown triste.
Guillaume Joffroy
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