Beaucoup de bruit... pour rien. Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), saisi en appel par la Fédération Internationale de Tennis (ITF) appuyée par l'Agence Mondiale Antidopage (AMA), avait indiqué hier qu'il rendrait sa décision ce jeudi 17 mars dans l'affaire Gasquet : au bout du suspense et de longs mois d'une procédure rendue rocambolesque par les nombreux témoignages qui s'y sont greffés, Richard Gasquet est... blanchi.
Pourtant coupable de la présence avérée de cocaïne dans son organisme suite à un contrôle antidopage pratiqué en mars dernier en marge du tournoi de Miami (dont il s'était désengagé à la dernière minute), l'ancien numéro un français avait écopé au mois de juillet 2009 de deux mois et demi de suspension - suspension que, au moment de l'annonce de cette sentence, il avait déjà purgée. Suite à cette décision pour le moins clémente, l'ITF, à qui s'était ralliée l'AMA, avait déposé appel, lequel vient donc d'être purement et simplement rejeté.
"Le joueur a été exonéré de toute faute ou négligence, et le TAS a rejeté les appels déposés par l'ITF et l'AMA", a indiqué le TAS par le biais de son site Internet. "Exonéré de toute faute ou négligence" ?! Ah oui, c'est vrai, remémorez-vous notre conclusion, lors des derniers développements en date concernant l'affaire : "il [Gasquet] a, certes, été contrôlé positif, mais ne consomme pas de drogue, n'a pas été contaminé, et n'a plus de ligne de défense", une vraie non-affaire - les analyses toxicologiques avaient démontré que Gasquet, bien que positif à la cocaïne, n'était pas toxicomane, et il avait appuyé sa défense sur la théorie d'un baiser empoisonné, incriminant une femme fréquentée au cours de la nuit en question (théorie sérieusement remise en cause par des experts...).
On pressent que l'ITF et l'AMA seront outrées d'être ainsi déboutées : la première requérait deux ans de suspension, et le directeur juridique de la seconde, Olivier Niggli, s'était insurgé contre la peine prononcée à l'encontre de Gasquet - "Deux mois et demi, cela n'existe pas", avait-il souligné, rappelant que deux ans de suspension sont prévus par le règlement en cas de dopage à la cocaïne, un an en cas de faute non significative, et pas de sanction en l'absence de faute reconnue.
C'est cette dernière option qui a finalement été retenue par le TAS. Décidément, tout porte à croire, depuis un moment, qu'on ne connaîtra jamais le fin mot de cette histoire...
Un blanchiment assez dérangeant, qui risque de laisser des traces - un peu comme des pellicules dans les cheveux, sauf que, là, Head & Shoulders ne pourra rien y faire.
G.J.
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