L'ancien rappeur devenu chanteur Ridan vient d'annoncer son envie de quitter le monde de la musique... Du moins, le circuit officiel des maisons de disques et de la promo. Dans Paris-Match, cette semaine, celui qui a reçu une Victoire de la musique de la révélation de l'année 2005 s'explique sur son choix. À l'instar de Benjamin Biolay, qui n'a jamais mâché ses mots, Ridan balance !
"Une maison de disques n'est plus une maison des artistes. On est dans une course folle, dans une période suicidaire pour le disque et je me demande si cela a encore du sens d'être chanteur." Lui, dont le premier album, L'ange de mon démon, a remporté un grand succès, s'est toujours engagé, que ce soit pour le civisme dans les écoles, les enfants malades mais aussi l'écologie... Ce dernier sujet semble d'ailleurs l'agacer plus que tout : "Quand j'ai sorti Objectif Terre en 2007, on m'a dit que j'étais démago... Aujourd'hui, je n'ai jamais entendu autant de chansons de merde sur l'écologie ! Quand Rose s'engage, je doute de sa sincérité, tout comme Pascal Obispo quand il se transforme en Captain Samouraï Flower !"
Dans ce sens, Ridan aurait refusé de participer aux Restos du coeur bien qu'il ne doute pas de la sincérité de Jean-Jacques Goldman (co-fondateur des Enfoirés avec Coluche), Florent Pagny, Yannick Noah, Alain Souchon et Laurent Voulzy. Ce qu'il regrette c'est l'absence d'artistes connus pour leurs prises de positions comme Mickey 3D, Zebda ou Sinsemilia : "Voir Lorie, Julie Zenatti et toutes ces nanas du R'n'B aux Restos du coeur, ça m'afflige. Quelle est leur crédibilité là-dedans ? C'est la mafia de la chanson française qui tient ça. Il faut un code pour en faire partie."
Petite question : s'il fait confiance à Goldman, Souchon, Pagny, Noah, qui sont, tout de même, les ténors de la chanson française, qui pourrait bien tenir les rênes de cette mafia ? Sans doute les maisons de disques qui, en pleine crise, tentent tant bien que mal de sauver les meubles. Le dernier album de Ridan, L'un est l'autre, est sorti cette année, mais il en doit encore un à Sony. À lui de négocier sa sortie au mieux avec la major : "Soit elle change sa stratégie et me laisse les moyens de travailler indépendamment, soit je pars."
Dans cette industrie en déliquescence, le seul lieu qui trouve grâce aux yeux du rappeur est la scène. Il sera en concert le 24 novembre prochain au Casino de Paris.
A.D.
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