Présumé inarrêtable et pourtant stoppé l'an dernier pendant de longs mois en raison d'un accident cardio-vasculaire, qui lui a valu une opération à coeur ouvert couronnée de succès, Robert Hirsch, 84 ans dont 64 sur les planches et ailleurs depuis La Mégère Apprivoisée de Shakespeare mise en scène au Montparnasse par Gaston Baty, reprend du service.
L'ancien sociétaire de la Comédie-Française, qu'il quitta en 1974 après en avoir été pensionnaire pendant 25 ans, par peur de "s'ennuyer", donne jusqu'au mois de janvier, au théâtre Hébertot, au côté de Clémentine Célarié et sous la direction de Christophe Lidon, La Serva amorosa (La Servante amoureuse, 1752) de Carlo Goldoni, père de la comédie italienne moderne - entre commedia dell'arte et satire moliéresque.
C'est un homme d'une extraordinaire vivacité que Le Figaro a récemment rencontré dans sa loge, moins de deux ans après l'accident de santé qui est venu interrompre le triomphe qu'il rencontrait avec Le Gardien (qui lui avait rapporté un Molière) du génial Harold Pinter, hélas décédé en décembre dernier. Inoubliable également à l'écran avec des rôles tels que dans Maigret et l'affaire Saint-Fiacre avec Gabin de Jean Delannoy (lui aussi trépassé en 2008...), Monnaie de singe d'Yves Robert, Les Cracks d'Alex Joffé, ou encore Chobizeness de et avec Jean Yanne, Robert Hirsch se réjouit avec truculence d'être de nouveau d'attaque : "Les médecins m'ont sauvé la vie", clame le comédien "tout neuf", "révisé comme une vieille bagnole".
A point nommé pour mettre son talent au service du plus sensationnel des dramaturges italiens, en s'emparant du rôle d'un "barbon, un vieux croûton (...) au bord de la tombe", dont l'épouse en secondes noces est... "une salope", selon sa lecture sans langue de bois !
G.J.
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