Réactualisation de 22h50 : Roman Polanski est hospitalisé depuis hier à Zurich afin de subir des examens médicaux assez approfondis que ne peuvent être effectués en milieu carcéral a-t-on appris de ses proches.
Son avocat a déclaré en fin de journée à l'agence Reuters : "Le peu que je sais, c'est que M. Polanski a dû quitter la prison pour subir des examens médicaux. Il est clair que M. Polanski est à la fois fatigué moralement et physiquement". Il a ajouté : "Je l'ai vu il y a une semaine et, après l'avoir vu, j'étais vraiment sorti le coeur lourd parce que j'avais le sentiment d'un homme affaibli et inquiet".
Une expertise médicale pourrait avoir lieu afin de déterminer si l'état du réalisateur est compatible avec la détention. Ce document pourrait alors appuyer la demande de remise en liberté.
Les autorités judiciaires suisses ne peuvent pas se permettre, après les conditions très particulières de son arrestation, de prendre le moindre risque avec l'état de santé du cinéaste.
Roman Polanski, le cinéaste et réalisteur de nationalité française et polonaise, 76 ans, est maintenant détenu depuis le 26 septembre en Suisse. Il avait été arrêté à sa descente d'avion, alors qu'il était invité au festival du film à Zurich, suite à un mandat international délivré par la justice américaine, dans le cadre d'une procédure de 1977 pour des "relations sexuelles illégales". L'homme va mal.
Le consul général de France, Jean-Luc Fauré-Tournaire, lui a rendu visite hier à la prison de Winterthur, une ville suisse du Canton de Zurich, où il est détenu dans une cellule de 9 mètres carrés. Ce dernier s'est dit inquiet de l'état de santé du mari d'Emmanuelle Seigner et père de ses deux enfants. Cette dernière, ainsi que Morgane, 16 ans, et Elvis, 11 ans, sont très malheureux de la situation et en subissent le contre-coup.
"J'étais effectivement dans cette prison ce matin, j'en suis sorti très rapidement", a-t-il déclaré vendredi. Il a ajouté : "Je suis effectivement inquiet sur la santé de M. Polanski, ce n'est pas à 76 ans qu'on va en prison. C'est un vieux monsieur", en précisant toutefois que "les autorités suisses sont très correctes, très polies, elles font un travail très respectable".
L'avocat du réalisateur franco-polonais, Me Hervé Temime, s'était déclaré inquiet dès le 11 octobre sur l'état de santé de son client. Il vient de confirmer ce matin que Roman Polanski "subit des examens médicaux", sans pouvoir préciser où et si une pathologie particulière a été décelée.
Son arrestation survenue plus de 30 années après les faits reprochés a soulevé une très vive polémique dans le monde, et a même emporté le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand dans un ouragan médiatique. Il a d'ailleurs dû s'en expliquer en live, à la télévision.
Les autorités suisses ont refusé le 6 octobre une mise en liberté sous condition (il est toujours étonnant de lire "une mise en liberté provisoire", alors que la liberté ne peut jamais être... provisoire !, ndlr) réclamée par ses avocats dès son incarcération. C'est la décision du Tribunal pénal de Bellinzone où un recours a également été déposé qui est attendue dans les prochains jours. Il est certain que si Roman Polanski, via ses avocats, a dû proposer toutes les garanties de représentation (assignation à résidence en Suisse, pointage deux fois par jour au commissariat, une forte caution, etc.), si les examens médicaux en cours diagnostiquaient que l'état du détenu n'est pas compatible avec la détention... ce serait un vrai plus dans la décision du tribunal.
Sans vouloir juger des faits qui sont reprochés à Polanski (dont la victime était une mineure de 13 ans), les autorités suisses et françaises seraient assez satisfaites qu'il soit libéré en attendant une éventuelle extradition... ou non ! Il semble certain que des transactions doivent avoir lieu avec le procureur de Los Angeles pour que cette affaire trouve une issue, et que personne ne perde la face.
Malgré tout, devant l'ampleur médiatique de cette affaire, un simple coup d'éponge est impossible !
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