Cela fait une semaine que Roman Polanski a été arrêté en Suisse. Il dort en prison depuis 7 jours. Le réalisateur franco-polonais est détenu dans une maison d'arrêt de Zurich où il s'était rendu pour assister au festival du film. Les États-Unis ont déposé une demande d'extradition simplifiée, à laquelle Polanski a évidemment fait opposition. Ses avocats essayent par tous les moyens de le faire libérer, et ont déposé une demande de mise en liberté avec toutes les possibilités de garantie soit : un contrôle judiciaire, une assignation à résidence en Suisse - il possède un chalet à Gstaad - assortie éventuellement d'une caution.
Tous les détails, ici.
La chaîne américaine CNN, nous apprend aujourd'hui que Polanski avait passé un accord en 1993 pour dédommager la victime, Samantha Geimer, 46 ans, pour un montant de 500 000 dollars. Polanski avait deux ans pour payer cette somme, mais aucun document juridique ne stipule s'il l'a fait ou non. Les avocats des deux parties sont restés silencieux à ce sujet. Pourtant, d'après nos informations, cette somme a bien été versée à la plaignante. Des documents officiels en possession de la justice de Los Angeles en font clairement état.
Samantha Geimer souhaite depuis longtemps que l'affaire soit classée, elle a d'ailleurs fait les démarches juridiques pour, mais le parquet de Los Angeles n'est en aucun obligé de suivre son retrait de plainte, et persiste pour juger le cinéaste. Cela confirme bien qu'elle a été indemnisée de son préjudice, tant l'argent puisse compenser un délit de cette importance...
L'avocat français du réalisateur, Me Hervé Temine, a déclaré aujourd'hui que le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone - une des plus hautes instances judiciaires de la Confédération - pourrait donner une réponse en début ou milieu de semaine prochaine, à la demande de remise en liberté de son client.
En France, son arrestation pour ces faits remontant à 1977, a soulevé de nombreuses réactions de la part du milieu politique et artistique. Bernard Kouchner , Ministre des affaires étrangères, et Frédéric Mitterrand , ministre de la Culture, ont tous deux pris des positions très fortes en faveur du réalisateur, soulevant de nombreux commentaires indignés de la part de certains députés de la majorité. Christian Vanneste (député UMP du Nord), par exemple, a estimé que Frédéric Mitterrand s'était comporté "d'avantage comme porte-parole du microcosme médiatico-mondain que comme ministre de la République."
Mitterrand, quant à lui, s'est expliqué auprès de journalistes qui l'ont interrogé jeudi. Il déclare ainsi : "la manière avec laquelle la procédure légale se déroule soulève un certain nombre de questions, pour ne pas dire plus." S'il précise que les agissements du cinéaste étaient "graves et non excusables", - une petite marche arrière Frédéric ? - il est dans son "rôle de ministre de la Culture de défendre les artistes (...) Polanski mérite que (je) sois solidaire et compatissant."
Frédéric Mitterrand estime que Roman Polanski n'est ni "au dessus", ni "au dessous" des lois, mettant ainsi l'accent sur la méthode (pour ne pas dire le piège, là nous sommes tous d'accord !) employé par la justice américaine... avec la complicité de la Suisse ?
Hier, Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand ont tous les deux reçu une lettre de l'association "Innocence en danger". Le mouvement de protection de protection des enfants s'insurge notamment de la déclaration du ministre de la Culture qualifiant d'absolument "épouvantable" cette arrestation, pour "une affaire qui n'a pas vraiment de sens". (Il s'agit quand même d'une relation sexuelle avec une enfant de 13 ans. A cet âge là, aucune relation sexuelle n'est consentie...NDLR)
Tout en ne se disant pas dupe "des raisons pour le moins obscures qui ont conduit les autorités helvétiques à attendre septembre 2009 pour procéder à cette arrestation", l'association demande aux ministres "de lever les ambiguïtés que révèlent leur propos."
Oui c'est ambigu à partir du moment ou Roman Polanski possède un chalet à Gstaad en Suisse et qu'il se rend dans ce pays chaque année depuis près de trente ans...
Dans le reste du monde, après une vague d'indignation générale, les artistes et personnages poitiques ont mis un bémol à leurs cris. Quand à Arnold Schwarzenegger , il demande que le cinéaste soit traité comme tout le monde. Il n'a pas tort.
Comme nous vous l'annoncions , l'épouse du réalisateur, Emmanuelle Seigner, devait sortir son second album, Dingue, le 2 novembre prochain. Il est finalement repoussé au 10 janvier 2010. La maison de disque n'a pas voulu commenter cette décision.
En revanche, le nouveau film The Ghost du réalisateur sortira bien au mois de mars 2010. En effet, Jérome Seydoux le patron de la société Pathé a confirmé jeudi à Deauville lors du 64e congrès des exploitants de salles, que "le film était pratiquement achevé et que quelque soit la situation de Polanski, il serait bien dans les salles à cette date là". Il a par ailleurs déclaré qu'il était en contact quasi permanent avec Emmanuelle Seigner et "qu'il espérait que la situation de Roman allait rapidement se régler"
La situation de Polanski en prison en Suisse pourrait trouver une solution - d'élargissement de sa prison au moins -, mardi ou mercredi prochain.
A.D.
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