Alors que l'ex-otage des Farc Ingrid Betancourt parcourt le monde pour répandre la bonne parole et tenter de recruter sa dream team, la surmédiatisation dont elle fait l'objet depuis sa libération commence à susciter l'agacement.
Pour son retour dans les kiosques, le magazine DS a demandé au comédien Roschdy Zem, 43 ans après-demain et très bientôt à l'affiche de l'explosif Go fast, d'être le premier invité de sa tribune coup de gueule. Parmi les questions bateaux et les réponses conventionnelles ("l'injustice planétaire, la décision politique qui vos choque"), une pépite.
Lorsqu'on demande au lauréat du Prix d'interprétation à Cannes 2006 pour sa performance dans Indigènes ce qui lui hérisse le poil au plus au point dans l'actu, la réponse est claire et acérée : "Même si, évidemment, je me suis réjoui de la libération d'Ingrid Betancourt, cette sorte de favoritisme médiatique dont elle a bénéficié m'a un peu énervé, lâche-t-il. Toute l'attention était braquée sur elle, comme si elle était la seule personne captive, ce qui a éclipsé les autres otages. Pour des êtres humains privés de liberté, créer une telle différence, j'ai trouvé que c'était indécent. Maintenant on peut parier que les otages qui restent en Colombie vont croupir dans la jungle dans l'indifférence générale."
A la décharge de l'acteur, on peut admettre que le tourbillon médiatique n'a effectivement pas apporté grand-chose aux otages. Mais à celle d'Ingrid Betancourt, il faut remarquer qu'elle manque rarement, lors de ses prises de parole, de parler de ses anciens compagnons de détention.
Un partout, on en reste là ?
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