Pour le plus vieux métier du monde, Sandrine Kiberlain avait déjà donné : elle avait joué une prostituée dans Les Patriotes d'Eric Rochant.
Cette fois, il s'agit d'évoluer dans les plus hautes sphères de la société française, pour un film de Frédéric Schoendoerffer, inspiré des aventures de Christine Deviers-Joncour. Cette ex-maîtresse de Roland Dumas, impliquée dans l'affaire Elf, avait été, en 1998, condamnée à trois ans de prison (dont un an et demi avec sursis) et à 229 000 millions d'euros pour recel d'abus de biens sociaux. La justice la soupçonnait d'avoir profité directement ou indirectement d'importantes commissions versées par Elf et par Thomson pour avoir avoir fait du lobbying (bien qu'ici, le mot convienne mal: les choses ne se sont pas passées dans le lobby, mais dans les chambres à coucher...) pour faciliter la vente de frégates militaires à Taïwan.
Furieuse d'être passé de favorite à fusible, Christine Deviers-Joncour avait tout balancé dans ses confessions titrées La Putain de la République, d'après un surnom que lui avait attribué un des magistrats chargés de l'affaire.
Parmi les épisodes savoureux de cette affaire figure l'achat par Christine Deviers-Joncour d'une paire de Berluti à 11000 francs (1650 euros) destinée à son amant Roland Dumas. Christine Deviers-Joncour avait réglé avec sa carte de crédit Elf-Aquitaine International. Roland Dumas dira aux juges: " J'ai dû la rembourser en espèces le lendemain ", mais Christine Deviers-Joncour n'a aucun souvenir de ce remboursement. Ce qui n'a pas empêché l'ex-ministre des Affaires étrangères de conclure : " Comment croire que l'on puisse acheter un ministre d'État avec une paire de chaussures, fussent-elles d'un prix élevé. " C'est vrai ça, comment ?
Le film de Schoendoerffer, baptisé plus sobrement Une femme d'affaires, sera largement basé sur ces épisodes de politique sur l'oreiller. De quoi se régaler d'avance...
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