Difficile d'y voir clair dans la jungle des distinctions honorifiques qui pleuvent tous azimuts, mais un prix en instance d'attribution va faire plus fort que les autres et saura se faire entendre : la télé a depuis quelques années ses hilarants Gérard de la nullité, la radio a désormais son prix Grande Gueule de l'année !
La station RMC invite en effet ses auditeurs (et ceux qui voudraient le devenir pour l'occasion) à voter sur rmc.fr du lundi 24 au vendredi 28 novembre afin d'élire parmi une liste de quinze nominés LA personnalité dont les actions ou les propos ont fait du bruit. Qui sera la grande gueule de l'année ? En attendant le verdict populaire, qui sera révélé en direct sur l'antenne de RMC dans la quotidienne des Grandes Gueules de mardi 3 décembre (entre 11h et 14h), décryptage par Purepeople.com des chances respectives des douze candidats...
Les favoris
Patrick Poivre d'Arvor : Après son éviction de TF1 presque aussi spectaculaire que la victoire d'Obama et son départ "folklorique", tout le monde se demandait si la vedette du JT saurait rebondir. De toute évidence, oui : PPDA est sur toutes les chaînes, dans tous les magazines, et, surtout, il n'hésite pas à assaisonner à l'envi. Bing, un coup dans la tronche de TF1, vlan, je ne t'oublie pas, Laurence Ferrari, crac, même chez mon ancien protégé Thomas Hugues je passe mes nerfs... Un bon candidat.
Raymond Domenech : roi de l'anti-communication et de la provocation médiatique, le sélectionneur, qui a droit à une saga de parodies tordantes, figure tout naturellement dans le peloton de tête. Surtout depuis l'Euro, où sa maladresse (ou sa malice) verbale est allègrement sortie du rectangle vert pour parler... mariage ! Celui pour qui un 0-0 est forcément très positif et qui semblait presque fier de boire la tasse en juin dernier vu qu'il "construit une équipe pour l'avenir", aboyeur de bord de terrain, a de sérieuses chances pour le titre...
Nicolas Sarkozy : compte tenu de son job, le chef de l'Etat a une visibilité et un temps de parole quasi illimités par rapport à ses rivaux. Et compte tenu de sa personnalité, il en fait un usage immodéré. Ah, il en est fier de sa Carlita, de "son" G20. Après des récompenses comme le prix du chef de l'Etat de l'année ou l'humanitarian award, le trophée de la Grande Gueule pourrait rejoindre la vitrine de Nicolas Sarkozy. D'autant qu'avec quelques bottes secrètes ("Casse-toi, pauv' c..", par exemple), il a tout pour mettre une raclée à ses adversaires.
Ségolène Royal : effet Besnehard et actu du PS obligent, Ségo est sous les feux de la rampe. Non seulement elle n'arrête plus de faire la comédienne depuis qu'elle reprend des cours de diction, mais en plus elle cultive un style rockstar et balance des vannes qui pourraient être l'oeuvre de Guy Bedos ("Doc Gynéco n'est pas Victor Hugo"). Avec la polémique sur les élections du nouveau Premier Secrétaire du PS et son intervention d'une insolente arrogance chez Claire Chazal samedi soir, Ségolène a sans doute marqué des points.
Bernard Laporte : Plus rare que ses opposants directs, on a l'impression que chacune de ses sorties accouche d'une splendide boulette. Qu'il s'agisse de suggérer des mesures drastiques dans les stades suite à la polémique de la Marseillaise sifflée, ou de nier être le père de l'enfant de Rachida Dati en se fendant méchamment la poire, Laporte tient la corde.
Les challengers
Siné : le dessinateur de presse Siné, figure incontournable des croquages de la vie politique et de la satire institutionnelle, reste en lice après l'affaire Charlie Hebdo liée à sa chronique sur Jean Sarkozy, et la fondation de Siné Hebdo.
Bernard Tapie : Nanar sera toujours Nanar. La conjonction de la fin du procès du Crédit Lyonnais et de ses activités artistiques en font un challenger sérieux.
Jean-Marie Bigard : pas de chance pour Bigard. Grande gueule par nature et par style, on retiendra plus en cette fin d'année sa sortie calamiteuse sur les attentats du 11 septembre que son bref passage sur les planches...
Fadela Amara : avec son plan pour les banlieues et ses prestations médiatiques "remarquables, l'ex-présidente de Ni putes ni soumises intègre la short list.
Dominique de Villepin : ses tirades rares mais piquantes et le retour de l'affaire Clearstream ont remis Villepin dans la course. Un peu trop tard pour être proclamé grande gueule ?
Robert Ménard : encore une grande gueule "de profession"... L'ex (depuis peu) secrétaire de Reporters sans frontières, dont il fut le fondateur, reste un personnage fort en gueule dufait d'un activisme et de prises de position musclés.
Les outsiders
Olivier Besancenot
Jean-Luc Mélenchon
A vos votes !
Guillaume Joffroy
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