Au terme d'un second vote des militants socialistes hier soir, la hache de guerre n'est toujours pas enterrée au siège de la rue de Solférino. Si la direction générale du Parti Socialiste a reconnu la victoire de Martine Aubry, avec 50,02% des voix, Ségolène Royal conteste fermement cette décision.
En effet, avec seulement 42 voix d'écart, les deux candidates sont au coude à coude pour décrocher le poste tant convoité de Premier secrétaire du parti. Et de là à sous-entendre qu'il y a eu tricheries, il n'y a qu'un pas que l'ancienne candidate à l'élection présidentielle s'est empressée de franchir. L'histoire du PS a en effet été jalonnée d'irrégularités ou de méthodes plus ou moins douteuses, qui donnent du crédit à ce type d'affirmations.
Ségolène Royal a ainsi demandé qu'un nouveau vote soit organisé jeudi prochain, certifiant qu'elle n'allait "pas (se) laisser faire". Elle a également dénoncé les multiples proclamations de victoire des partisans de Martine Aubry, avant l'issue du scrutin, comme une "infraction" aux règles du parti.
Martine Aubry refuse bien entendu cette possibilité, affirmant que ce troisième scrutin "n'a pas de raison d'être" et que François Hollande, joint au téléphone par ses soins, en convient également.
Ce sera toutefois à ce dernier de devoir dénouer cette nouvelle situation conflictuelle au cours de laquelle le Parti Socialiste pourrait laisser ses dernières plumes. L'actuel Premier Secrétaire du Parti Socialiste, a en effet annoncé ce matin qu'"un résultat est connu" et que celui-ci "doit être validé" par un Conseil national du parti, convoqué "en milieu de semaine prochaine".
François Hollande devra alors trouver un compromis entre les deux parties, qu'il tente déjà de rassurer, en certifiant que "toutes les voies de recours possibles vont être examinées par le Conseil national". Il a également estimé "normal" que des contestations soient apparues au terme d'une "élection aussi serrée".
Reste à savoir qui sortira vainqueur de cette réunion de conciliation : Ségolène Royal, son ex et mère de ses enfants, obtiendra-t-elle le droit d'organiser un nouveau scrutin ou Martine Aubry, avec qui il a régulièrement entretenu des relations plutôt conflictuelles, sera-t-elle officiellement proclamée nouvelle Premier Secrétaire du Parti socialiste ? Ou mieux encore, parviendra-t-il à amener les deux femmes à former une alliance à la tête du parti ?
Quelle qu'en soit l'issue, cette réunion sonne comme celle de la dernière chance pour François Hollande, qui a aujourd'hui la possibilité de quitter son poste avec une image de réconciliateur... qui lui a vraiment manqué ces derniers mois.
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