Sinik est un mec dangereux. Dangereux, le premier single extrait de Ballon d'or, qui constituera son ultime album au micro avant de passer à la production, annonçait la couleur : une couleur rouge sang qu'on retrouve dans un court métrage coup de poing réalisé autour du titre Mort ou vif, autre morceau de cette cinquième galette du Parisien.
Sinik L'Assassin met symboliquement à mort une partie de sa carrière, bientôt derrière lui, dans cette stupéfiante réalisation à l'ambiance mafieuse, glauque et brutale comme du Olivier Marchal.
Au-delà de l'exécution de son personnage d'artiste et de chef de file du rap, Mort ou vif, véritable chronique de ses années en activité, est truffé de balles perforantes et de morceaux biographiques livrés sans pudeur, des "émotions planquées" concernant son parcours, son adieu à la scène et ses détracteurs, à la naissance de sa petite Inès en début d'année (le 3 mars) et la façon dont la paternité impacte sur sa vie.
Au bout de cinq minutes de cinéma, Sinik prend ainsi la parole pour interpréter en intégralité Mort ou vif (avec intermède et dénouement funeste), ses mots résonnant avec une rancoeur lugubre : "Au combat. Ça mitraille, mais je laisse dire. J'suis comme ça : plus l'ambiance est électrique, plus je respire. Nouvel album, 30 novembre 2009. Ok, j'repose le micro, même si le flow te décoiffe. C'est vrai, vous savez pas, les années passent, les gens me déçoivent, les dés sont pipés, les chiens se mettent à plat ventre (...) J'intériorise tout ça, chez moi les émotions sont planquées. Tout ça me f'ra des souvenirs (...) J'ai vécu plein de choses, depuis je sens qu'on m'aime moins. J'entends ce que les gens disent (...) Ma fille vagrandir, c'est moi qui fais sa sécu ; voilà qu'il va falloir la protéger de ce que j'ai vécu (...) J'suis devenu parano."
Des adieux explosifs, chargés d'un vécu qui sent la poudre...
G.J.
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