Après un premier single étourdissant, Fou d'elle, véritable typhon mélodieux au coeur duquel Stanislas est revenu à bon port sur les ondes, le chanteur continue à dévoiler l'intimité de son second album, Les Carnets de la vigie.
A un mois de l'arrimage, le 18 décembre, de ce qui s'annonce comme un album bien ancré après le premier opus L'Equilibre Instable, Stanislas continue à entretenir le mystère. Mystère que préserve notamment un nouveau teaser vidéo spécifiquement consacré à la chanson C'est la nuit, rêverie éveillée et scrutatrice qui semble lui tenir à coeur : "c'est la chanson que j'ai écrite en dernier, c'est un peu la somme de ce qui est réussi sur cet album, je pense. Les chansons qui ont l'air les plus simples sont souvent les plus compliquées à écrire".
Mais l'artiste accompli de 37 ans ne peut totalement empêcher la lueur du phare d'éclairer sa nouvelle réalisation :
"Quand il était petit, Stanislas pensait que la vigie des navires qui voguaient dans les romans
d'aventures, devait se sentir bien seule. Postée tout là haut, au dessus des flots, sentinelle obstinée, guetteur solitaire en quête de terre salutaire... Une image obsédante qui l'a poursuivi jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à en faire le thème de son nouvel opus. "Au départ, j'avais imaginé faire un disque inspiré par la musique folklorique, avoue Stanislas :
quelque chose d'à la fois rythmé et orchestré. Même si le résultat final est loin de ressembler à cela, la matière première est toujours là. Du folklore, j'ai conservé le sens de la terre."
La terre, à la fois glaise et terroir, racines et refuge, est en effet présente dans la plupart des
chansons de ce nouveau disque, comme autant d'îles rêvées. Une terre fantasmée, à l'image de cette "Vigie", toujours sur le qui-vive, entre solitude et altitude, qui donne son titre à l'album. Ou de ces émigrés à la recherche d'un nouvel Eden, à qui l'on a promis "Tu verras en France" : un thème délicat, à la fois intemporel et d'actualité, traité ici avec une douceur folk qui rappelle les riches heures de Simon and Garfunkel, et interprété en duo avec Mike Ibrahim. Résultat d'une rencontre fortuite transformée en collaboration fructueuse, puisque Mike Ibrahim, baladin tendre et incisif, signe trois textes sur le disque, aux côtés d'Amaury Salmon, déjà présent sur le premier album, d'Alana Filippi et de Patrice Guirao.
Amour de la terre, encore, avec "Je laisserai la vie se faire", ode à la nature sur un mode
champêtre, où la présence d'un cor anglais évoque plus Stravinski que Nicolas Hulot... Mais amour tout court, dans "Fou d'elle", complainte obsessionnelle d'une passion hallucinogène, et premier single de l'album. Amour toujours, avec "Au sud du ciel", cantique érotique aux syncopes électro, "Le souvenir", au tempo disco-funk festif et ironique, "Ma belle Eve", aux allitérations gainsbouriennes et à l'orchestration façon Simple Minds, ou "Sensiblement modifiés", pièce futuriste et synthétique que n'aurait pas reniée Kraftwerk, en duo avec la comédienne Béatrice Rosen. Au gré de ce disque dense et surprenant, on croise aussi l'Alice de Lewis Carrol ("Wonderland" ou l'enfance évanouie), une mystérieuse nymphe surgie des eaux ("Ondine"), un habitué des plateaux de télé ("Le gendre idéal") ou une cohorte de créatures avenantes ("Les filles de tante Elisa").
Le tout co-réalisé par Pierre Jaconelli, avec la participation de Thibaud Renoult (le jeune frère de Stanislas), du Paris Pop Orchestra (l'ensemble symphonique fondé par Stanislas), et même d'un bassiste nommé Calogero.
A la fois chanteur, compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et pédagogue (il vient de créer un atelier d'écriture pour les compositeurs en herbe), Stanislas prouve une nouvelle fois que, plus qu'un touche-à-tout de talent, il est avant tout un artiste polyvalent, capable de briser la routine, d'embrasser tous les genres avec un égal bonheur et, surtout, de faire partager pleinement ses émotions. La vigie, tout là haut, n'est plus seule."
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