Stéphane Guillon, 44 ans, est un humoriste particulièrement apprécié. Chaque semaine, il exerce le samedi sur Canal +, dans l'émission de Thierry Ardisson, Salut les terriens !, et le matin à 7h55 sur France Inter, son humour au vitriol. Ses cibles ? Indifféremment, les politiciens, les stars, les anonymes, bref ceux qui font l'actu.
Le 9 septembre dernier, il écrit donc sa chronique sur les Jeux paralympiques de Pékin. Le point.fr, sous la plume d'Emmanuel Berretta, relève, en plus du salaire présumé de l'humoriste (10 000 euros par émission), quelques extraits de son papier : le tir à l'arc pour non-voyant, "exceptionnellement, l'accès aux tribunes est gratuit", la natation synchronisée, "le fait d'être siamoises, c'est un avantage", l'hymne national, "pour les sourds, non", le Rwanda capable d'afficher un "très grand nombre d'athlètes amputés"... "Et puis, si vous êtes valides, n'y allez pas. Toutes les places de parking sont handicapés". L'humoriste y évoque aussi Raymond Domenech, qualifié "d'infirme cérébral".
Ça peut faire sourire, voire rire... Mais pas tout le monde ! Dès le lendemain de cette chronique, Jean-Michel Royere, un auditeur (handicapé depuis 60 ans), adresse un courriel à la station (également envoyé à Jean-Paul Cuzel, patron de France Inter, et Christine Albanel, ministre de la Culture). Il se dit choqué par les "rires gras et déplacés des personnes présentes dans le studio", et exige des excuses publiques de Guillon et de Nicolas Demorand, animateur de l'émission incriminée.
Mais Frédéric Schlessinger, directeur de France Inter, refuse. Il comprend la peine de Royere, mais explique que la liberté éditoriale de ses chroniqueurs prime. Il ajoute qu'en plaisantant sur le handicap, Guillon traite les handicapés comme les autres. Une réponse qui ne convainc pas l'auditeur fâché, qui adresse une nouvelle lettre le 11 septembre , affirmant qu'il est un "rottweiller qui ne lâchera rien".
Bref, la question que soulève ce monsieur est avant tout de savoir si l'on peut rire de tout. Dans la presse, à la télévision, à la radio, on se moque de tout et de tout le monde. Certaines catégories doivent-elles être épargnées ? Si l'on décide de ne plus se moquer des handicapés, pourquoi ne pas étendre cette décision aux homosexuels, aux gens de couleur, aux religions, aux végétariens... En segmentant ainsi la population, ne risquons-nous pas de favoriser la différence ? Quelle est la limite de l'humour ? N'y aura-t-il pas toujours quelqu'un pour se sentir froisser par l'humour ? Vaste question, à laquelle personne ne peut réellement répondre.
Le 9 septembre dernier, il écrit donc sa chronique sur les Jeux paralympiques de Pékin. Le point.fr, sous la plume d'Emmanuel Berretta, relève, en plus du salaire présumé de l'humoriste (10 000 euros par émission), quelques extraits de son papier : le tir à l'arc pour non-voyant, "exceptionnellement, l'accès aux tribunes est gratuit", la natation synchronisée, "le fait d'être siamoises, c'est un avantage", l'hymne national, "pour les sourds, non", le Rwanda capable d'afficher un "très grand nombre d'athlètes amputés"... "Et puis, si vous êtes valides, n'y allez pas. Toutes les places de parking sont handicapés". L'humoriste y évoque aussi Raymond Domenech, qualifié "d'infirme cérébral".
Ça peut faire sourire, voire rire... Mais pas tout le monde ! Dès le lendemain de cette chronique, Jean-Michel Royere, un auditeur (handicapé depuis 60 ans), adresse un courriel à la station (également envoyé à Jean-Paul Cuzel, patron de France Inter, et Christine Albanel, ministre de la Culture). Il se dit choqué par les "rires gras et déplacés des personnes présentes dans le studio", et exige des excuses publiques de Guillon et de Nicolas Demorand, animateur de l'émission incriminée.
Mais Frédéric Schlessinger, directeur de France Inter, refuse. Il comprend la peine de Royere, mais explique que la liberté éditoriale de ses chroniqueurs prime. Il ajoute qu'en plaisantant sur le handicap, Guillon traite les handicapés comme les autres. Une réponse qui ne convainc pas l'auditeur fâché, qui adresse une nouvelle lettre le 11 septembre , affirmant qu'il est un "rottweiller qui ne lâchera rien".
Bref, la question que soulève ce monsieur est avant tout de savoir si l'on peut rire de tout. Dans la presse, à la télévision, à la radio, on se moque de tout et de tout le monde. Certaines catégories doivent-elles être épargnées ? Si l'on décide de ne plus se moquer des handicapés, pourquoi ne pas étendre cette décision aux homosexuels, aux gens de couleur, aux religions, aux végétariens... En segmentant ainsi la population, ne risquons-nous pas de favoriser la différence ? Quelle est la limite de l'humour ? N'y aura-t-il pas toujours quelqu'un pour se sentir froisser par l'humour ? Vaste question, à laquelle personne ne peut réellement répondre.
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