Le tourbillon du succès est en train de se transformer en cyclone de persiflages : à Blackburn, village écossais situé dans la grande banlieue d'Edimbourg qui l'a vue grandir, Susan Boyle ne fait pas (ou... plus) l'unanimité.
La révélation de la dernière saison du télé-crochet Britain's got talent, propulsée de quasi moins que rien en superstar à la faveur de sa performance du 11 avril 2009, a désormais un train de vie et des projets (et un look, également) complètement en décalage avec... l'ancienne Susan Boyle : un album en préparation, une séance photo glam'chic pour Harper's Bazaar, une invitation à participer à la série Ugly Betty, des cajolements par la grande enseigne Harrods qui aimerait s'attacher ses services pour un tour de chant dans ses rayons en plein Noël...
Cette frénésie ne manque pas de diviser ses anciens voisins et cohabitants de Blackburn, dans une région durement touchée par la crise, comme le révèle aujourd'hui le Journal du Dimanche, qui signale que "la réussite du vilain petit canard, longtemps moqué par ses camarades de classe pour sa légère déficience mentale, a aussi un goût amer" : "Elle est montée dans le train de la célébrité, et nous, on est toujours là avec nos problèmes", constate éloquemment deux clients du Happy Valley, le pub où Susan venait chanter le week-end.
Certains veulent se persuader que la starisation ne déracinera pas celle qui a déménagé pour les beaux quartiers de Londres (Kensington), mais vient par ailleurs d'acheter la petite maison de Yule Terrace où elle est née pour venir s'y reposer à ses moments perdus : "Pour le moment, elle enregistre son nouvel album à Londres, fait observer une employée de la poste locale. Mais ses racines sont ici. Elle y a toute sa famille et ses vrais amis."
Prête à conquérir l'Amérique, où une tournée est programmée en promotion de son album qui sortira pour Thanksgiving, Susan Boyle ne se déplace plus sans son armada : un manager, deux attachés de presse, une assistante personnelle, etc. "Quand elle revient à Blackburn, elle est flanquée de deux gardes du corps qui ne la quittent pas d'une semelle", peste-t-on. "Samedi dernier, elle était ici avec un magazine pour faire une photo devant l'église : on ne lui a même pas laissé le temps de venir me dire bonjour", déplore encore le père Ryszard Holuka, au côté de qui Susan a longtemps oeuvré comme bénévole.
Ils achèteront quand même l'album ?
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