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Tati, Tautou, Dahan et maintenant l'exposition "Our Body" : tout est interdit ! mais ça s'arrête quand la censure... soviétique ?

Récemment, nous avions marqué notre étonnement suite à l'interdiction de l'ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) pour que France Télévisions ne diffuse pas la publicité de la sortie du DVD de Gérald Dahan (voir news). En cause, la jaquette du DVD qui montre une caricature de notre Président Nicolas Sarkozy, signée Cabu. Cette décision de l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité avait été motivée par un décret datant de 1992 qui stipulait "qu'une publicité ne peut pas heurter les convictions philosophiques, politiques et religieuses des télespectateurs". Une décision que le comique Gérald n'a pas apprécié (puisqu'elle engendre une faible exposition médiatique et donc une conséquence potentielle sur les ventes) et qu'il entend bien régler avec le diffuseur, qui est, comble du comble... France 2 !

C'est à se demander si la notion de patrimoine culturel et de liberté d'expression ont encore un sens, aujourd'hui dans notre beau (?) pays de liberté...

Serions-nous dans un État de censure ? Alors, on vous voit venir d'ici avec vos sabots en bois de chêne, chers Pure Internautes, en train de nous médire et de considérer que nous-même faisons de la censure sur vos commentaires. Oui, c'est vrai, mais ici, la loi c'est nous (et on adore, ça !). Entre modérer des commentaires désobligeants, insultants ou qui portent atteinte à l'être humain (que celui-ci soit journaliste ou people) et censurer une oeuvre appartenant au patrimoine culturel français, il y a une énorme différence, non ? Mais, là, où la censure devient inquiétante c'est que, outre Gérald Dahan et son DVD, trois autres affaires connaissent le même dénouement. L'affiche de Jacques Tati et sa pipe, l'affiche du film de Coco avant Chanel avec sa cigarette et hier, l'interdiction de l'exposition Our Body / A corps ouvert.

Tati qui fume une hélice ? Nom d'une pipe !

Il y a quelques jours, une polémique survient à propos de Jacques Tati. A l'origine de ce débat, l'affiche qui promeut l'exposition qui a commencé le 8 avril et qui se termine le 3 août 2009. Conférences, expositions, projections des films de ce grand réalisateur français, qui nous a quittés en 1982 : voilà le programme de l'exposition qui est consacrée à Tati. Et l'affiche proposée par la Cinémathèque Française montre un M. Hulot (héros des films de Tati) à bicyclette, fumant sa fameuse pipe. La pipe, un objet indissociable du réalisateur et objet de la poémique. Enlever la pipe de Tati c'est comme un jour de soldes avec seulement 5% de remise : impensable ! Et pourtant, en réponse aux menaces de la régie publicitaire de la RATP de supprimer cette campagne qui allait à l'encontre de la Loi Evin (qui interdit de promouvoir le tabac de façon directe ou indirecte) la Cinémathèque a décidé de transformer l'affiche : au lieu d'avoir une pipe dans la bouche, le personnage a désormais une hélice jaune. Ridicule et moche ? Oui. Déjà, force est de constater que celui qui a fait le montage n'est visiblement pas un pro de photoshop (le montage est très mauvais) et en plus, cette modification est un outrage au mythe Tati. C'est même une atteinte à son droit à l'image qui doit lui faire faire des tours dans sa tombe ! Les responsables de la Cinémathèque étaient évidemment en désaccord avec cette décision (à l'initiative de Metrobus, la régie de la RATP, sur les conseils de l'ARPP) et ont qualifié cette polémique "d'incident burlesque" tout en appelant à apporter des amendements à la loi Evin, dont l'application rigide conduit à des décisions absurdes. C'est peu de le dire ! Et cette volonté de masquer la pipe sous prétexte de la Loi Evin a contrarié bon nombre de personnes dont... Claude Evin, qui est à l'origine de cette loi ! Il a considéré la suppression de cet objet comme "ridicule" et a déclaré "on n'est pas dans cette situation de publicité indirecte, il s'agit d'un patrimoine culturel qui s'inscrit dans notre culture cinématographique".

Attention, à ce rythme-là, le fouet d'Indiana Jones sera bientôt supprimé pour incitations à des pratiques sexuelles déviantes...

Le tabac c'est tabou, on en viendra tous à bout... même Coco !

Mais Tati n'et pas le seul à subir les foudres de la loi Evin, datant de 1991. Alors que Notre Coco Chanel d'Anne Fontaine (avec la radieuse AudreyTautou ... ou Toutou , comme vous voulez) sort aujourd'hui le 22 avril, la campagne d'affiche a commencé depuis déjà plusieurs semaines. Et comme nous vous l'annoncé, hier, l'affiche montrant Audrey (en Coco), la cigarette à la main a elle aussi été censurée dans les métros parisiens ! Ainsi, sur les 5800 affiches diffusées en France, les 1100 destinées au métro et autobus de la capitale ont dû être substituées : au lieu de voir une Coco qui fume (une situation pourtant hautement symbolique du personnage), nous voyons donc une Coco dans les bras des personnages masculins du film (voir photos ci-dessus).

La régie publicitaire de RATP a tenté de se justifier en expliquant se tenir aux régles de la loi Evin : "Nous sommes dans des lieux qui sont des services publics, où nous devons respecter la loi. Nous avons donc demandé au distributeur de Coco avant Chanel de nous fournir d'autres visuels, ce qu'il a fait".
Pourquoi une telle volonté de la RATP de censurer ce genre d'affiches, alors que même le Président de l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité a estimé que cette décision était démesurée ? Dans une interview, Jean-Marc Teyssier (à la tête de l'ARPP) constate le carcan rigide imposé par cette loi et défend étrangement la RATP (ou plutôt sa régie, Metrobus), seule décisionnaire de la publication des affiches dans le métro : "La RATP a des exigences fortes vis-vis de sa régie publicitaire Métrobus, à laquelle elle demande de respecter la législation. En tant qu'entreprise publique, la RATP se doit de montrer l'exemple et en tant qu'annonceur elle risque d'être condamnée." Mais Teyssier considère qu'une évolution doit avoir lieu. Il estime à juste titre que "quand une personne a joué un rôle culturel important, de Gainsbourg à Simenon, que la cigarette ou la pipe est un attribut inséparable de sa personnalité et que l'annonceur est sans rappport avec l'industrie du tabac, il pourrait y avoir une exception." Précisons que cette stricte application de la loi, on ne la doit qu'à la RATP, puisque les autres afficheurs ont accepté cette affiche sans problème.

A y réfléchir, même Purepeople devrait faire attention. Et pour cause ! Dans "Purepeople", il y a un "E" comme dans "cigarette" ! Diantre ! Nous poussons à la consommation de tabac, sans le savoir ! Filous que nous sommes... nous allons nous fouetter avec le fouet d'Indiana Jones pour nous punir (puisqu'il risque d'être lui aussi censuré...).

L'exposition Our Body interdite : une justice écorchée vive...

Une exposition culturelle et une affiche de cinéma ont été touchées par une loi rigoriste empiétant sur la culture, mais ce n'est pas tout. Hier, nous avons appris avec stupéfaction que l'exposition Our Body : à corps ouvert avait été interdite par le TGI de Paris. Depuis le 12 février 2009, à l'espace Madeleine, l'exposition montre des corps dépecés et disséqués dans des postures sensationnelles (voir photos). A la demande de deux associations de défense des droits de l'homme, le TGI a été saisi et a finalement statué en faveur des plaignants sur le principe que l'objectif commercial est une "atteinte manifeste au respect dû aux cadavres". Le tribunal a considéré que cette exposition "est une atteinte la dignité et à la décence ainsi qu'à l'inviolabilité et à l'intégrité des corps humains". Une exposition troublante, déconcertante, oui, mais choquante ? Peut-être. Cette exposition anatomique destinée à prendre conscience du corps humain a pourtant déjà tourné autour du monde et a été vue par plus de trente millions de personnes des Etats-Unis, en Espagne en passant par la Belgique. En France, depuis début février, 270 000 curieux se sont empressé de voir ces corps de chinois décharnés. Mais malgré la frénésie autour de cette impressionnante exposition, les plaignants se veulent fermes, l'un des avocats a signifié vouloir saisir des autorités pour obtenir la confiscation des corps humains et organes. Les plaignants mettent en doutent l'origine des cadavres, craignant que ces corps soient les cadavres de condamnés à morts chinois. La société à l'origine de cette manifestation (Encore Productions) compte faire appel de la décision du TGI, mais en attendant, cette exposition doit fermer sous peine de subir une amende de 20 000€ par jour de retard...

Un corps sans vie exposé qui soulève une polémique : et ben, que Michael Jackson soit sur ses gardes, alors. Une confusion est si vite arrivée...

Ces trois cas différents ajoutés à l'affaire Gérald Dahan nous amènent à poser la question de l'omniprésence de la censure, de la limite de celle-ci et surtout de sa représentation par rapport à d'autres lois fondamentales. La liberté d'expression, le droit à l'humour et le patrimoine culturel sont ainsi mis à mal par un système rigoriste qui ne s'appuie que sur des généralités parfois dépassées, sans s'attarder sur les cas particuliers qui nécessitent un assouplissement manifeste. "Les libertés des uns s'arrêtent au moment ou elles commencent à emmerder les autres", certes, mais quand l'humour ou la culture sont ébranlés, on se demande à quoi on peut encore se raccrocher en ces temps maussades...
D'ailleurs, un sytème aussi liberticide nous inquiète ici chez Purepeople. Imaginez le désastre : finies les blagues sur Violet Affleck, finies les critiques sur la Nouvelle Star, terminées nos réparties cinglantes mais toujours drôles sur nos stars préférées, terminés nos effets comico-risibles. Pfff.. Et dire que l'on comptait faire un article super drôle sur le Président qui fume une cigarette en pédalant sur sa bicyclette pour aller à une exposition sur la médecine légiste. Zut ! Raté ! Tant pis, on attendra un assouplissement des lois pour oser... Ou bien on va plutôt vous raconter comment la rédaction s'est amusée avec le fouet d'Indiana Jones... Ah non ! Désolés, on a été censurés !

Décidément, Didier Bourdon avait raison "On peuplu rien dire" (voir sa vidéo).

Allyson Jouin-Claude

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