Pour l'année de ses 20 ans, Teddy Riner s'est offert un avenir en or massif. Outre son baccalauréat et son permis de conduire (on se souvient qu'il conduisait déjà sans avoir le papier rose - "les voitures, c'est une tuerie", dans sa vie !), le judoka français, vainqueur au début du mois de juillet des Jeux Méditerranéens, a conservé son titre mondial, hier, dans la catégorie poids lourds : en finale du tournoi, il a poussé le Cubain Oscar Brayson à l'épuisement et à la faute à sept secondes de l'issue d'un combat que le natif de Pointe-à-Pître a maîtrisé de bout en bout.
La Fédération Française de Judo peut compter sur ses jeunes pousses : en dépit du bilan fluet de la délégation tricolore aux 29e championnats du monde de la discipline, qui viennent de s'achever à Rotterdam, deux des trois médailles dans l'escarcelle sont du plus précieux métal - la première médaille d'or avait été glanée par un petit bout de femme, Morgane Ribout, qui fait littéralement irruption au plus haut niveau, l'autre est la confirmation tant attendue du colosse Teddy Riner, successeur désigné d'office à David Douillet, et armé pour marquer encore plus que lui l'histoire du judo.
Victorieux avec éclat, Teddy Riner, qui insistait en interview sur le travail accompli à l'entraînement, a bien digéré la "déception" des Jeux Olympiques de Pékin (ses premiers, et sûrement pas ses derniers), dont il n'avait rapporté, frustré, "que" la médaille de bronze.
Surtout, sa précocité (trois sacres mondiaux, dont un en toutes catégories, à tout juste 20 ans), son ambition pleine de panache et son attitude flamboyante en font déjà l'un des athlètes français les plus importants de la décennie à venir.
G.J.
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