Thierry Ardisson n'a pas fini de vider son sac et règle ses comptes avec sa grand-mère...

News publiée Le Mercredi 8 Avril 2009 à 20:01

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Thierry Ardisson à coeur ouvert et dans tous ses états dans  Madame Figaro

Dans l'édition de Madame Figaro à paraître en fin de semaine, vous aurez rendez-vous avec la séduction de Jude Law, le glamour de Narciso Rodriguez et le french lover Jean Dujardin. Mais également avec... le franc-parler de Thierry Ardisson.

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Cinq ans après ses impudiques Confessions d'un baby-boomer parues chez Flammarion, l'extraterrestre du PAF et de Salut les Terriens n'a pas fini de vider son sac, et se livre à un nouveau déballage psychanalytique dans les pages de l'hebdomadaire.

Alors qu'il vient de passer le cap des 60 ans, Ardisson, évoquant auprès de Laurent Mereu-Boulch ce qui relève plus d'une nouvelle vie à venir (en tant que producteur de cinéma) que d'une retraite, aborde par la même occasion ses nombreuses existences passées.

Jamais avare de tirs en rafales pour cribler un milieu dans lequel il s'est fondu par opportunisme (ce dont il a au moins l'honnêteté de ne pas se défendre), il commence par rectifier le portrait du pape des rapaces en calotte noire qui a grandement contribué à sa notoriété télévisuelle. "Ça fait quarante ans que je fais le tapin", lâche-t-il en riant, avant d'expliciter : "Il existe quand même une dimension prostitutionnelle dans la pub et à la télévision. Je n'ai jamais renié mon goût pour l'argent. J'aurais pu être très riche, même. Sauf que j'ai toujours refusé de devenir Jacques Séguéla, Alain Ayache ou Michel Drucker (...) J'ai le sentiment d'avoir perdu beaucoup trop de temps. A 19 ans, je suis venu à Paris pour réaliser mes rêves : faire du cinéma et écrire des livres. Devenir écrivain, cela m'a paru vain très rapidement. Puis je me suis fait bouffer par la pub. Au début des années 1970, on s'installait à Paris pour amasser le plus d'argent possible avant de partir en voyage. Je souhaitais vivre à Bali et Goa. Je n'avais aucune envie de m'intégrer. Rentrer dans le moule m'a demandé beaucoup de sacrifices."

Et plus l'entretien avance, plus la mémoire quasi organique de ces sacrifices, de ces blessures, de ces compromissions, prend le pas sur ce "dernier combat" ("produire des films") qu'il évoque en stigmatisant qu'il ne vivra pas jusqu'à 180 ans - parole d'un homme qui s'y entend en excès en tous genres, mais qui a su récemment se racheter une conduite (2 heures de sport coachées par semaine, beaucoup moins de cigarettes, presque plus d'alcool). "Je me sens bien physiquement. C'est quand même un miracle", admet-il d'ailleurs spontanément. Quelques instants auparavant, il concédait qu'il avait "eu la chance de descendre du train [de l'héro et de la coke] avant qu'il aille trop vite" - "mais j'ai été limite", posait-il.

La rétrospection se poursuit, passe par le jeune homme qui, à 20 ans, était malheureux au point de tenter de "se suicider en se tailladant les veines", pour revenir, ultimement, à l'enfant introverti : "J'ai été, enfant, très renfermé sur moi-même (...) Je n'ai pas de copains d'enfance, par exemple. Ma grand-mère paternelle vivait à la maison. C'est un peu à cause d'elle, d'ailleurs, que j'ai quitté la maison à 16 ans. Elle était glaciale. Elle m'a gâché mon enfance."

Intransigeant avec la vieille dame, il l'est devenu un peu plus vis-à-vis du reste de ses congénères, avec le recul, même si ses enfants "charrient" son indomptable tempérament solitaire. "Je me suis assagi et calmé, explique-t-il encore (...) Il y a quand même un âge où on fait papy pervers si l'on demande à une femme si elle est vaginale ou clitoridienne. Aujourd'hui, j'ai davantage d'empathie pour les gens, même si je ne leur trouve pas toujours des excuses. J'ai été dur avec beaucoup de personnes, j'ai viré des collaborateurs sur un claquement de doigts. J'ai longtemps eu un côté killer scorsésien... (...) Dans l'ensemble, je ne me sens bien avec personne, excepté peut-être avec mes copines du Matis. J'aime bien la compagnie des vieux homos. Aujourd'hui, j'assume davantage ma féminité. Pendant des années, je la refoulais. C'est pourtant ce qui me donne ma sensibilité et ma créativité."

Des démons et des raisons en pagaille, qui se livrent encore bataille, comme vous pourrez le constater en détail dès ce week-end, dans Madame Figaro.

G.J.

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