Encore plus fort que le playback (un exercice dans lequel ils ne brillent pas nécéssairement) : les Tokio Hotel inventent le concert réel-virtuel ! Grace à un dipositif innovant de restitution holographique, les rockeurs allemands ont pu satisfaire tout en s'évitant la cohue près de 300 fans acharnés (enfin : acharnées, en réalité), qui se sont massé(e)s - il n'y a vraiment pas d'autre mot - au Showcase, fameux club parisien situé sous le pont Alexandre-III.
Malgré la non-présence, physiquement parlant, des jumeaux Kaulitz, de Guguss et de Georg pour la promotion de leur album Humanoïd empreint de science-fiction, l'hystérie a atteint mercredi soir des sommets... et engendré son lot d'accidents : vomissements de midinettes éméchées, évacuations...
Voici quelques moments choisis du compte-rendu publié par le site du Nouvel Observateur, sous le titre de rubrique "Culture ?" et le titre "Mon (catastrophique) concert de Tokio Hotel" :
"La nuée de groupies patiente, pendue au téléphone. Toutes envoient des SMS vantards sur leur position. "Oh, mais il y a pas de réseau ici p.....", lance une nouvelle arrivée (...) Le début du concert approche. Premières bousculades et prises de bec entre fans. Certaines personnes expliquent qu'elles patientent depuis 8h du matin et revendiquent le droit d'être devant. Altercations... Ambiance ! (...) Tout le monde est entré. La chaleur est suffocante, les odeurs aussi. Au premier rang, une jeune fille vomit son repas, "trop d'alcool", dit-elle (...) Le speaker annonce le début du concert. "Et maintenant, préparez-vous au show holographique des Tokio Hotel !" (...), diffusion d'un concert enregistré un mois plus tôt et diffusé en hologrammes, rendant un bel effet de 3D. Le concert perd tout son sens ? Que nenni ! Les fans en transe chantent à tue-tête. Certaines appellent leur héros. "Bill, Bill, Bill !" Pas de réponse... (...) Plusieurs adolescentes du premier rang se sentent mal. Les vigiles les sortent à bout de bras de la foule. Une, puis deux... et déjà une première dizaine. Certaines paniquent, d'autres hurlent leur amour (...) Soudain, pause sur le DVD. Tout s'éteint, la lumière se rallume. Les organisateurs, accompagnés des vigiles, appellent la foule à reculer pour "ne pas écraser ceux devant". Personne ne bouge. Nouvel appel : "pensez à vos camarades contre les barrières" (...) Une chanson (calme) plus tard, la musique s'arrête de nouveau, la lumière se rallume. "Problème technique, nous faisons une pause d'un quart d'heure, profitez-en pour reculer", lance une organisatrice. Personne ne bouge. Trop pour moi. La chaleur écrasante et l'ambiance hystérique d'un non-concert ont eu raison de ma patience. "C'était nul", lance ma soeur à la sortie de la salle. Je pensais le phénomène Tokio Hotel passé de mode, grossière erreur. On ne m'y prendra plus."
Si la question de la longévité du groupe allemand se posait, à l'orée de la parution de son dernier album en date, la réponse est donnée.
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