Aujourd'hui, au terme du premier week-end de ce 62e Festival de Cannes, et après quatre jours de compétition intense, il est temps de dresser un premier bilan de l'événement cinématographique le plus célèbre au monde.
La première impression quand on est sur la Croisette, au-delà du manque évident d'ambiance et de folie cette année, c'est surtout le peu de monde qui se croisent et se décroisent entre la mer et les palaces. Tout est relatif évidemment, mais en comparaison avec les autres années, on ne peut pas nier que cette nouvelle édition est très... calme.
On aurait pu s'en douter lorsque, en février, au moment de faire notre demande d'accréditation, les responsables du bureau de presse nous ont avoué que cette année ils n'accorderaient que très peu d'accréditations, et que dans ce sens, les journalistes présents seraient beaucoup moins nombreux que les années précédentes. Effectivement, nous sommes quasiment 30% de moins que pour la dernière édition. Pourquoi ?
Par ailleurs, la vie du Festival semble très essoufflée elle aussi. Ainsi, après un démarrage en trombe - comme cela faisait des années que le festival n'en avait pas connu -, grâce au formidable Up des Studios Pixar en ouverture, suivi de la fête réussie donnée sur la plage du Carlton, il est vrai que la vie nocturne cannoise est très en-deçà des années précédentes. Les fêtes sont moins nombreuses, et même si le champagne coule toujours à flots, l'esprit n'est pas vraiment festif et l'ambiance n'est pas vraiment là. Re-Pourquoi ?
La réponse évidente et lie tout l'ensemble... la crise, évidemment ! Même si la plupart des organisateurs et des festivaliers lèvent les yeux au ciel lorsque l'on évoque cette explication, c'est pourtant la plus vraisemblable pour tenter de comprendre ce début de festival en demi-teinte.
Peu de stars. Certains avanceront que c'est à cause du manque de films américains en compétition (seul Inglourious Basterds de Quentin Tarantino est présent), dû à la grève des scénaristes l'année dernière qui a décalé toutes les productions, qui ne sont donc pas prêtes pour cette grand'messe du cinéma internationale. Mouais... Drôle de justification... Mais bon, résultat, peu de stars. Et surtout, peu de stars qui ont envie de faire la fête... car peu de fêtes dignes de ce nom...
C'est d'autant plus triste que, pour une fois, le soleil est quasiment omniprésent depuis le début des festivités, et qu'il ne faudrait pas grand chose pour que l'ambiance prenne enfin... peut-être qu'il suffirait que la cote de la Bourse monte. Cela redonnerait sans doute un peu d'insouciance à la population de la Croisette et aux habitants des palaces.
Même Dominique Desseigne, patron du groupe Barrière, propriétaire de deux hôtels de luxe et de deux casinos à Cannes, vient de déclarer dans les pages de Metro : "La crise frappe partout, même au Majestic (l'un des plus luxueux palaces cannois, qui accueille notamment tous les membres du jury, ndlr). Côté hébergement, on affiche complet, mais la restauration et la consommation dans nos bars et casinos a beaucoup baissé. Les gens, chez nous aussi, font plus attention. Pour y faire face, notre volonté a été d'améliorer encore le service".
Mais le service ne fait pas tout Dominique, et surtout, ne rend pas moins frileux les investisseurs et les annonceurs qui sont ceux qui créent la "vie" cannoise durant le festival. Alors, la crise aurait-elle touché l'événement cinématographique le plus important du monde ? Si on prend du recul par rapport à l'événement, la réponse est oui, car pourquoi y échapperait-il ? Toujours est-il qu'avec ce fléau économico-financier qui touche tout le monde et tous les domaines, c'est une partie de l'âme du festival qui en souffre nettement cette année.
Beaucoup de soirées ont été annulées, des soirées périphériques certes, mais tout de même. Bien sûr que la crise est présente car, où sont les vedettes ? Celles qui sont là, sont celles qui ont un film et c'est donc le distributeur qui paye les frais de leur déplacement. Il se dit par exemple que Mariah Carey a payé elle-même son logement pour tout son staff, pour le plaisir d'être là. Mais la direction du festival n'a pas, cette année les fonds pour inviter les grandes vedettes qui n'ont rien à vendre. On peut donc apercevoir sur le tapis rouge, des people... mais pas de grandes stars !
Alors heureusement, ce qui compte le plus ici, ce sont les films. Et il faut avouer que si la crise influence l'ambiance et les soirées du festival, il n'a eu aucun impact direct sur cette sélection, qui est juste l'une des meilleures que l'on ait eu l'occasion de voir depuis longtemps.
Avec le formidable film d'ouverture, suivi les jours suivants des nouveaux longs métrages d'Andrea Arnold, de Jane Campion, de Park Chan-Wook, de Jacques Audiard (notre favori pour l'instant pour la Palme), d'Ang Lee et de Johnnie To, et en attendant ceux de Ken Loach, Lars von Trier, Pedro Almodovar, Alain Resnais, Quentin Tarantino, Michael Haneke et Gaspar Noé, il s'agit d'un véritable best of de l'année cinéma réuni en douze jours de projections !
Alors, au final, le principal est sauf. Car peu importe les fêtes en fait. Peu importe l'ambiance sur les plages à l'heure de l'apéro. Peu importe les stars un peu éméchées que l'on croise en fin de soirée sur la Croisette. Ce qui compte... ce sont les films !
Zut et... à bas la crise !
Et... Vive le cinéma !
Adam Ikx from Cannes
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... tout est feutré alors les gens repartent sans avoir aperçu leurs idoles
! Certains acteurs sont carrément sur la défensive voir même agressifs
... bonjour le public relationnel
! On se demande que viennent faire les gens comme des cruches à attendre une star qui méprise son public ... affligeant






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