Une nuit de 1990, il est 2 heures du matin à la rédaction du magazine Actuel lorsque le boss, Jean-François Bizot, accompagné de l'Inconnu Bernard Campan, poussent la porte de mon bureau et me proposent de les suivre en virée. Où ça ? « Chez les Rita », grommelle Bizot. Je débarque éberlué dans une grande maison planquée derrière la Bastille. Fred Chichin nous reçoit le plus simplement du monde en nous montrant d'abord où se trouvent les cannettes et la boîte à chichon. : « Ici, on ne demande pas, on se sert ». J'apprends que Catherine est à l'étage, « elle dort ». Il y a là une nuée de musiciens et de dj, qui vont et viennent entre le séjour et le studio d'enregistrement contigu. Ce studio à la maison, c'est la fierté de Fred. Pouvoir jouer dès qu'on a une idée et pouvoir la ré-écouter quelle que soit l'heure, ça c'est la liberté. Jusqu'à l'aube, il nous fera partager ses dernières trouvailles en vrai passionné. A l'époque, il travaille sur Re, un album de remix et s'intéresse au hip-hop. Il trouvait rigolo de triturer ses créations sans leur ôter leur âme. Je me souviens de son discours avant-gardiste pour l'époque sur l'avènement des dj. A ma grande surprise, il s'en félicitait. «C'est eux qui ont raison, disait-il, car chaque son, quel qu'il soit, est une note ».
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