Un hommage aussi truculent que l'homme auquel il est rendu, voilà ce que le label AZ est en train de concocter à grands renforts de... grands artistes. Avec un titre tel que On n'est pas là pour se faire engueuler, on devine presque facilement à qui est dédié cette étonnante compilation, possiblement riche de 39 titres et à paraître le 8 juin : Boris Vian - décédé il y a 50 ans presque précisément à l'âge de... 39 ans.
Le Parisien d'aujourd'hui fait le point sur cet élégant et louable projet, qui va réunir une pléiade de chanteurs autour de la mémoire du chantre de la 'pataphysique de Jarry. Il a déserté, lui, l'auteur du Déserteur, mais son empreinte irrévérencieuse voyage encore avec grâce.
L'auteur de L'Ecume des jours (dont une adaptation est donnée au Théâtre Dejazet par le jazz band d'Isabelle de la Boulaye), figure emblématique de Saint-Germain et ingénieur aux multiples talents (plus autant d'anagrammes et de mots-valises), va donner naissance à un nouveau monument artistique : "du jamais vu", insiste Le Parisien en évoquant les reprises immanquables qui nous attendent, mais aussi les compositions sur "des textes inédits de l'écrivain".
Juliette Gréco, notamment, sera bien entendu de cette belle aventure, elle qui, à l'instar de Serge Reggiani, a hérité de tant de si belles chansons signées Vian. Sur les autres pistes de l'album, on retrouvera, entre (beaucoup d') autres, Jeanne Moreau, Matthieu Chedid, Jean-Louis Trintignant (pour une lecture saisissante de Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale), Arielle Dombasle, Philippe Katerine, Olivia Ruiz (qui a déjà embarqué, avec d'autres, à destination de... Nougaro !), Mademoiselle K, Maurane, Arthur H...
Mais aussi - évidemment puisqu'il est à l'origine de ce chantier en compagnie du jornaliste Olivier Nuc - JP Nataf, ancien leader charismatique des Innocents, parti en solo avec bonheur (Plus de sucre, 2004) et érudition. C'est lors de la préparation d'une de leurs conférences chantées pour le Hall de la chanson, J'irai cracher sur vos tombes, consacrée à l'auteur de L'arrache-coeur, que l'idée est venue : frustré de découvrir que tant de textes du génial parolier étaient orphelines de musique, il s'est attelé à la tâche, signant la croustillante Ballade du lapin.
Seuls deux icônes manqueront le rendez-vous, deux déserteurs par la force des choses à qui le disque sera dédié : Henri Salvador et Alain Bashung - étonnant hasard, JP Nataf et Olivier Nuc ont également chanté ce dernier au Hall de la chanson...
G.J.
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