Si ses concerts sont menacés par son état de santé incertain, ses interprétations et les clips tirés de son nouvel album sont inébranlables. Quelques heures après son émouvante consécration lors des 24e Victoires de la Musique, qui l'ont vu remporter trois des plus prestigieuses statuettes et devenir recordman du genre, Alain Bashung revient nous hanter de ses errances musicales.
Samedi soir, sur la scène du Zénith, il chantait en live ce troublant Résidents de la République écrit pour lui - comme une grande partie de l'album Bleu Pétrole - par Gaëtan Roussel, visiblement très affaibli par son cancer, qui l'oblige à revoir ses dates de concert.
Le clip du deuxième single extrait de Bleu Pétrole, intitulé Sur un trapèze, vient de sortir. Il semble confirmer l'orientation générale de cet opus, qui verse avec application dans une chanson française aux accents de rock superbement fatigué.
Avec Sur un trapèze, les quelques accords discrètement grattés à la sèche revendiquent de n'être qu'un prétexte à divagation poétique : un numéro de voltige entamé sur des "on dirait" dont on ne sait s'ils sortent de l'imaginaire fertile d'un enfant ou de la nostalgie d'un grand. Le clip cultive cette ambiguïté, avec la sculpturale silhouette avachie et assombrie de Bashung faisant face à un enfant illuminé. Un effet de jour/contre-jour accentué par le trajet du train qui sert de véhicule à ces transports poétiques : vers la gauche, symboliquement... en direction vers le passé, le souvenir, voire la régénérescence...
Bref, un clip qui... s'écoute, aussi :
"On dirait que l'on soufflerait sur les braises
On dirait que les pirates nous assiègent
Et que notre amour, c'est le trésor
On dirait qu'on serait toujours d'accord
(...)
Peut-être que la nuit le monde fait la trêve
Et qu'aujourd'hui ton sourire fait grève
On dirait qu'on sait lire sur les lèvres
Et que l'on tient tous les deux sur un trapèze"
Guillaume Joffroy
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