Pour le plus grand nombre, ce nom ne dira pas grand-chose ; mais pour les irréductibles fans de rock qui auraient, accidentellement, un tout petit peu d'intérêt pour un modeste groupe californien nommé Red Hot Chili Peppers, il est forcément plus connu. Cliff Martinez - puisque c'est de lui qu'il s'agit -, batteur des débuts de la formation d'Anthony Kiedis (jusqu'en 1986, le temps d'enregistrer les deux premiers albums), fatigué du train de vie des groupes de rock et de la musique bruyante, a trouvé sa voie. Une idée ? Non ?
On vous y met, justement, sur la voie, avec une devinette ; voyez-vous le point commun de ces tandems : Bernard Herrmann-Alfred Hitchcock, Angelo Badalamenti-David Lynch, Joe Hisaishi-Hayao Miyazaki, Eric Serra-Luc Besson, Howard Shore-David Cronenberg, Vladimir Cosma-Jean-Pierre Mocky, Ennio Morricone-Sergio Leone ? Amis cinéphiles, vous avez gagné : les premiers sont les compositeurs fétiches des seconds !
Un statut admirable qui est également celui de Cliff Martinez : l'Américain de 54 ans est le partenaire attitré... du brillant Steven Soderbergh ! Vénéré pour sa science du mélange de sons électroniques et d'arrangements orchestraux réduits, qui donne une dimension atmosphérique à sa musique, il a habillé la majeure partie des films du réalisateur de la trilogie Ocean's - depuis l'ovni initial Sexe, mensonges et vidéo jusqu'au troublant Solaris (cette bande-son planante étant sans doute sa plus grande réussite).
Pour la première fois de sa carrière, Cliff Martinez va mettre ses talents au service d'une production européenne, et c'est la prochaine performance de Guillaume Canet qui va en bénéficier. On retrouvera dès le 28 janvier le comédien français dans le prometteur Espion(s) de Nicolas Saada, tiraillé entre services secrets français et britanniques, et déstabilisé par une troublante Géraldine Pailhas - cliquez ici pour voir (et écouter) la bande-annonce .
Sous la supervision de l'agence Schmooze, Cliff Martinez, récompensé en 2001 pour la bande originale de Traffic, a composé la toile de fond sonore de cette réalisation haletante. Un film à aller voir les yeux fermés (au figuré, évidemment) et les esgourdes grandes ouvertes.
Guillaume Joffroy
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