Yann Arthus-Bertrand, 61 ans, sera entendu par un juge d'instruction argentin demain mardi, dans la matinée, heure locale. L' entrevue qui devait se dérouler aujourd' hui n' a finalement pas eu lieu, et le photographe français fait toujours l' objet de trois plaintes (lire). Trois plaintes étrangement rapprochées et difficilement compréhensibles... YAB est accusé d' escroquerie par une agence de voyages — qui n' aurait été que partiellement rémunérée de ses prestations —, et deux hommes, un garde forestier et un chef de l' ethnie guarani, interviewés lors du reportage, et qui, selon leurs déclarations, n' auraient pas reçu de contrepartie financière à leur participation.
Le photographe de La Terre vue du ciel est en Argentine depuis dix jours maintenant. Il travaillait à un sujet sur les grands fleuves, à proximité du barrage de Yacireta, pour l'émission Vu du ciel de France 2. Et il semble que les thèmes abordés par le journaliste n' aient pas eu l' heur de plaire à tout le monde...
Yann Arthus-Bertrand et son staff - une quinzaine de personnes - ont été arrêtés le mercredi 20 février et sont restés vingt-huit heures en garde à vue..
Ce jour là, l'équipe s'apprête à quitter le village d'El Brete, dans le nord-est de l'Argentine, pour rallier la Patagonie.
C' est à l' aéroport qu' elle est interpellée par une quinzaine de policiers. En cause, une facture de 33 à 40 000 dollars partiellement réglée au voyagiste en charge de l' organisation — l'agence Cuenca del Plata. Ses dirigeants exigent d'être payés de la totalité de la somme due, en liquide, et ce à la toute dernière minute. En outre, ils veulent mettre un terme à leur prestation. Et laisser le photographe et son staff se débrouiller seuls pour la suite de leur périple...
Yann Arthus-Bertrand explique qu'il ne peut alors satisfaire à cette demande, qu'une partie des fonds liés au séjour de l' équipe de tournage a déjà été réglée sous forme de transfert bancaire — ce qui n'est pas contesté —, et que le reste doit être échelonné, conformément aux accords initiaux...
Entendu par un juge, le groupe est finalement relâché le jeudi 21 février, moyennant une caution de 2 390 euros. Les onze membres de l' équipe faisant l' objet de la plainte du voyagiste, sont néanmoins retenus à leur hôtel de Puerto Iguazu.
Vendredi 22 février, YAB et son équipe auront une nouvelle surprise : ils apprennent qu' à la plainte du voyagiste, sont venues s' en ajouter deux autres. La première a été déposée par le garde forestier d'un parc naturel ; la seconde, par un chef de l'ethnie guarani... Ils affirment avoir monnayé leurs entretiens, que Yann Arthus-Bertrand en a accepté l' augure, mais qu' au final, ils n' ont pas été rétribués.
Le photographe soutient pour sa part qu'il n'a jamais été question de rémunération — ce ne sont d' ailleurs pas là des méthodes de travail qui lui ressemblent.
Selon Yann Arthus-Bertrand, et c'est aussi l' avis des ONG locales, ces plaintes ne seraient qu'un moyen de pression visant à entraver son reportage sur le barrage de Yacireta. Qualifié de « monument de la corruption » par l'ancien président argentin Carlos Menem, l'ouvrage est très critiqué pour ses conséquences écologiques, et il a été à l' origine du déplacement de milliers de personnes.
Yann Arthus Bertrand et son équipe espèrent pouvoir quitter l'Argentine dès demain, mardi. Et être de retour en France mercredi — c'est d' ailleurs la date de retour qui avait été initialement fixée.
Mais il reste que ce retour est lié au bon vouloir d' un juge d' instruction...
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