
Quoi de plus naturel, pour un champion de tennis, que d'être né à Bâle ? Hasard malicieux, c'est bien dans cette commune de Suisse que Roger Federer a vu le jour, le 8 août 1981, 20 mois après sa soeur Diana, enfant d'un père suisse et d'une mère sud-africaine.
Ses idoles revendiquées sont Boris Becker, Stefan Edberg et Pete Sampras ; et, d'une certaine façon, il a prodigieusement réussi à opérer la synthèse des trois : la puissance de Boum-Boum, le sens tactique et offensif du Suédois, l'élégance de l'Américain. Il débute le tennis dès trois ans et, en grandissant, souffre d'un tempérament excessif, qui lui fait perdre ses moyens et... ses rencontres. Rien à voir avec le champion impassible que l'on admirera des années après, et dont le moindre geste d'émotion exprimé sur le court est comme une agréable exception pour le public. Une attitude toujours élégante et pondérée qui enfait un vrai gentleman du circuit ATP et lui a notamment valu à quatre reprises (en 2005, 2006, 2007 et 2008) le Prix Orange qui consacre le joueur (ou la joueuse) le (la) plus fair-play du tournoi de Roland Garros.
Aussi abordable à la ville qu'intraitable sur le court, Roger vit aujourd'hui avec l'ex-tenniswoman slovène Miroslava Vavrinec, rencontrée lors des J.O. de Sydney et devenue depuis son manager. Il a également pour amis Thierry Henry et Tiger Woods : les trois copains ont d'ailleurs été réunis pour une campagne publicitaire internationale de la marque Gillette.
A 15 ans, alors que Roger Federer fait un véritable malheur sur le circuit junior, son ambition est déjà claire : devenir numéro un mondial. Il abandonne d'ailleurs ses études pour se consacrer pleinement à cet objectif. Travailleur acharné, il progresse régulièrement et continue de s'affirmer sur le circuit junior, rencontrant dans les derniers carrés de futurs rivaux sur le circuit senior (Coria, Nalbandian, ...). Jusqu'à remporter son premier tournoi senior, à Milan, en 2001. La même saison, il explose au plus haut niveau en se hissant en quarts de finale de deux tournois du Grand Chelem : Roland-Garros et Wimbledon.
Lors de son parcours sur le gazon londonien, Roger Federer mettra fin à la suprématie du quadruple tenant du titre Pete Sampras, l'un des meilleurs joueurs de l'histoire. Ce match en 5 sets, historique, est leur seule confrontation en compétition. Les observateurs les plus perspicaces auraient déjà pu y voir une passation de pouvoir entre deux numéros un mondiaux parmi les plus formidables de l'histoire de la discipline.
Alors que tout le monde l'attend, sa saison 2002, marquée par la perte douloureuse de son ami Peter Carter (son entraîneur de jeunesse et capitaine de l'équipe suisse), connaît plus de bas que de hauts. Il faut attendre 2003 pour le voir décrocher son premier tournoi du Grand Chelem, Wimbledon, qui deviendra son fief (il s'y imposera encore lors des quatre éditions suivantes). En 2004, il réalise le Petit Chelem (seul Roland-Garros lui échappe irrémédiablement) et accède à la place de numéro un mondial le 2 février : il n'en sera détrôné que le 17 août 2008 par son plus grand rival, l'Espagnol Rafael Nadal.
2006 est sa plus belle saison, celle de tous les records, où Roger Federer confirme sa suprématie sans ombre (si ce n'est l'éveil de son bourreau de Rafael Nadal, qui commence à se dresser sur sa route).
En 2008, après un début de saison catastrophique et une mononucléose, il perd sa première place mondiale au profit de l'indomptable Rafa, qui l'humilie à Roland-Garros et le balaye dans son fief de Wimbledon au terme d'un match mémorable. Toutefois, Roger, dit " Le Maître ", parviendra, après une médaille d'or glanée en double à Pékin, à conserver son titre à l'US Open. Ce qui promet un duel acharné avec son rival Majorquin.
Vainqueur à ce jour de treize tournois du Grand Chelem (il se rapproche du record détenu par Sampras, vainqueur de 14 tournois du Grand Chelem), Le Maître restera à jamais l'un des plus grands joueurs de l'histoire du tennis, un athlète doublé d'un esthète, caractérisé par son relâchement, la fluidité de son jeu, la grâce de son revers à une main, l'imprévisibilité de son coup droit, son recours intelligent au service-volée et, surtout, sa capacité d'adaptation exceptionnelle.
D'un talent écoeurant pour ses adversaires, Roger Federer a établi de nombreux records dans le monde du tennis (notamment le nombre de semaines consécutives à la première place du classement mondial, ses trois petits Chelems en 2004, 2006 et 2007, ses 5 tournois de Wimbledon consécutifs,ou encore ses 5 tournois de l'US Open) et été récompensé par un incroyable nombre de distinctions. Et il lui reste de belles et prometteuses années devant lui !
Cette effervescence autour de lui n'a pas entamé sa délicieuse simplicité, sa bonne humeur et sa bonne volonté. En dehors du tennis, Roger Federer s'illustre également dans le domaine caritatif. Il a fondé en 2003 la Fondation Roger Federer qui soutient des projets d'aide aux enfants défavorisés et encourage l'activité sportive de la jeunesse. En avril 2006, le tennisman a été nommé ambassadeur itinérant de l'UNICEF, l'organisation des Nations Unies pour la protection des enfants. Il est également apparu dans des messages de l'UNICEF afin de sensibiliser la population à propos du SIDA. Il a été à l'origine de diverses initiatives humanitaires telles que l'Année internationale du sport et de l'éducation physique.
Après la catastrophe du tsunami au début de l'année 2005, il a lancé plusieurs initiatives de collecte de fonds - dont l'ATP All-Star Rally for Relief en faveur de l'UNICEF. En 2006, Le Feder-bear, un petit ourson en peluche représentant Roger Federer, apparaît. La totalité des revenus engendrés par la vente de cet ourson sont reversés à l'UNICEF. En mars 2007, il reçoit le prix Arthur Ashe lors des ATP Awards, récompensant son engagement humanitaire et son désir d'aider les plus démunis.
Un immense champion, des courts et de coeur, qui saura toujours bien rebondir.
