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Cécile de France sera bientôt possédée.... par Soeur Sourire !

C'est le 29 avril 2009 que sortira le biopic Soeur Sourire, avec la pétillante Cécile de France dans le rôle-phare. Le long-métrage nous racontera la vie complexe et tumultueuse de cette religieuse que l'on a toujours associée à la chanson Dominique. Mais si rappelez-vous de ce refrain entêtant "Dominique, nique, nique, nique" datant de 1963.

Ce refrain a d'ailleurs longtemps été considéré comme polisson en raison du "nique, nique, nique"... Et bien à tort ! Oui, bande de petits coquins : cette chanson religieuse ne détenait aucun sous-entendu sexuel et pour cause cette interprétation du mot "nique" n'avait pas encore de connotation particulière dans les années 60. Soeur Sourire était donc juste une religieuse qui chantait les louanges de Dieu. Et qui aurait pu penser qu'une Ode à Dieu pourrait autant cartonner ? En effet, le titre de cette religieuse belge a conu un succès retentissant, dépassant même les Beatles et Elvis aux Etats-Unis ! Un phénomène, cette Soeur Sourire ! Un tel phénomène que, outre un biopic sorti en 1966, (intitulé The Singing Nun, avec Debbie Reynolds dans le rôle titre), plusieurs ouvrages ont vu le jour sur cette fascinante Jeanne Deckers (son nom au civil), dont la biographie signée Catherine Sauvat, parue le 9 avril 2009 aux éditions Gawsewitch.

Cette biographie de 215 longues pages nous relate la vie compliquée de Soeur Sourire : son tiraillement entre le carcan de la vie religieuse et son envie de découvrir le monde ; son ambiguïté sexuelle ; la force de son amour pour Dieu entrâvé par un déclin de sa foi religieuse ; son succès déroutant et son amour de la scène; sa dépendance aux médicaments ; sa ruine ; son suicide. Car oui, c'est tout ça Soeur Sourire : entrée dans l'Ordre des Catholiques Dominicains en 1959 pour fuir une mère rigoriste, Jeanne Deckers n'a pas pour autant trouvé la paix qu'elle était venue trouver dans ce cocon. Elle se distrait alors en multipliant les compositions musicales et goûte au succès qu'on lui connait en 1963 avec Dominique : un triomphe qu'elle ne retrouvera pas avec ses autres titres. Problème : son succès ne lui revient pas. En raison d'un contrat entre son couvent et la maison de disques Philips qui la met à l'écart de tout réel bénéfice (contrat qu'elle a signé en raison du voeux d'obéissance), Soeur Sourire ne touche absolument aucune recette. Tout est en effet divisé entre l'Ordre des Dominicaines et le producteur. Le contrat qu'elle a signé est doté de telles clauses que rien ne lui appartient : ni le pseudonyme Soeur Sourire (qui appartient à son Ordre religieux), ni l'argent perçu.
En raison de ses endettements de plus en plus étouffants, se sentant à l'étroit, dans ce cocon, Soeur Sourire quitte le couvent de Fichermont pour vivre modestement de son goût pour la musique et passer ses journées avec sa compagne, Annie Pecher, religieuse aussi. Une vie paisible qui ne durera pas longtemps... Très vite, la quiétude de Soeur Sourire se dissipe avec l'insistance du fisc belge à réclamer des sommes astronomiques sur ce qu'elle est censée avoir perçu. Troublée et perdue dans ce monde administratif qui la torture, Jeanne s'enlise dans une spirale qu'elle n'arrive pas à gérer (sa sexualité, son addiction médicamenteuse et ses doutes) qui la mèneront finalement à la mort.

Sa sexualité d'une part : destinée à rester chaste en raison de son appartenance religieuse, elle ne mène pas moins une relation compliquée avec sa compagne Annie. Les sentiments sont bien présents, mais Jeanne a du mal à mettre un nom sur ce besoin de vivre avec Annie, de la sentir et de l'avoir près d'elle. Elle ne s'identifie que très tardivement comme homosexuelle, réfutant longtemps l'idée d'un tel peché avant de se soumettre finalement à ses pulsions. Mais plutôt que d'homosexualité, c'est plutôt de bisexualité dont il s'agit car Soeur Sourire s'est sentie, à une période de sa vie, irrésistiblement attirée par le sexe opposé... Complexe la Jeanne ! Ce rapport particulier aux sentiments et au sexe est probablement imputable à une mère frigide qui déclamait à tout va à quel point, "le sexe c'était sale" : ce blocage psychologique associé à son voeu de chasteté l'amèneront à choisir une autre voie : la masturbation. Plusieurs fois par jour. Jeanne devient accro au plaisir solitaire. Une "passion" qui reste toujours plus saine que son autre addiction.

Noyée sous les dettes de l'Etat, elle se laisse aller à trouver du réconfort dans les médicaments. Jusqu'à une vingtaine par jour. Une aide initialement thérapeutique qui vire à l'addiction et cette dépendance la mènera à une longue et douloureuse dépression nerveuse. Un état psychologique fragile qui déstabilise grandement son seul pilier solide, à savoir sa "relation de couple" et qui l'amène à se poser des questions sur tout. Ses doutes incessants deviennent d'ailleurs une autre problématique.

Soeur Sourire doute de tout : d'elle, de sa compagne, de son talent, du public et même de Dieu. Au fil des années, sa foi religieuse est mise à l'épreuve des difficultés qu'elle traverse. La rigueur des règles à suivre l'agacent et la dépassent, alors qu'elle ne souhaite qu'une chose : outrepasser son côté associal pour découvrir le monde. Dubitative sur tout, elle devient en fin de sa vie, une femme aigrie et cynique, loin de l'image joviale que renvoyait sa chanson-phare.

Tourmentée par ses va-et-vient psychologiques et engluée sous les dettes qui s'accumulent (même chez son pharmacien qui ne peut plus lui donner les médicaments dont elle est accro), Soeur Sourire décide de mettre fin à ses jours d'un commun accord avec sa compagne, qui la suit dans la mort. C'est donc le 29 mars 1985 qu'elles sont toutes les deux retrouvées mortes (par overdose médicamenteuse) dans leur appartement, avec un mot signé de leur main. Une fin tragique qui donne à Soeur Sourire une dimension de légende grâce à son "génie" musical teinté de torture psychologique.

Si le livre de Catherine Sauvat rapporte assez bien les éléments marquant de la vie mouvementée de la nonne chantante, il n'en reste pas moins, de qualité relative. Sombrant dans la marmelade de pathos dès le premier châpitre, cette biographie nous présente une religieuse à la vie obscure, qui a enchaîné les échecs après son seul succès qu'est Dominique. A la lecture du livre, c'est l'image d'une victime de la vie qui nous est dépeint, avec un manque criant de saveur, tant certains passages sont tout à fait insipides. Plutôt qu'une analyse bâclée du journal intime de Soeur Sourire qui s'effiloche sur 215 pages (dont bien cinquante de trop), on aurait aimé déceler davantage d'émotions afin de pouvoir ressentir de l'empathie plutôt que de la pitié dès les premières pages.
Cette biographie mérite nénmoins d'être lue avant de voir le film de Stijn Coninx à la fin du mois, - dont Cécile de France tient le rôle titre -, afin de pouvoir comparer et émettre un avis objectif sur cette chanteuse hors-norme à la vie chaotique.

A noter : Soeur Sourire de Catherine Sauvat (Editions Jean-Claude Gawsewitch) : 18,90 € et le fil de Stijn Coninx avec Cécile de France sera en salles le 29 avril 2009.

Allyson Jouin-Claude

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