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Juliette Greco dit tout de son histoire d'amour impossible avec Miles Davis : "Nous étions deux bêtes sauvages"...

Alors que, depuis vendredi 16 octobre, une immanquable exposition hébergée par la Cité de la Musique, à Paris, parcourt la partition de Miles Davis et rend hommage au virtuose indomptable qui a façonné, enfanté même, le jazz, c'est à une autre page de la légende que le magazine Point de vue, dans son édition courante, consacre un dossier fasciné.

En mai 1949, le tout jeune Miles Davis (23 ans), déjà fougueux et légitimé par ses prestations avec Charles Mingus, Charlie Parker, ou encore Dizzie Gillespie, effectue son premier voyage à l'étranger. Au festival international de jazz de Paris, à l'incontournable salle Pleyel de la rue du Faubourg Saint-Honoré, il croise et captive l'intelligentsia de l'époque : Jean-Paul Sartre, Boris Vian, Pablo Picasso et... Juliette Gréco. Une passion foudroyante naît, qui, malgré ces temps où les unions "mixtes" étaient tout simplement prohibées aux Etats-Unis, augure d'un mariage. Mariage qui n'aura pas lieu et laissera leur idylle de quelques jours orpheline, Miles, qui eut là pour la première fois l'impression d'être "traité comme un être humain", se refusant à condamner sa Juliette à la vie d'une femme de Noir aux Etats-Unis...

Soixante années plus tard, aussi anachronique cette donnée morale (au sens des "moeurs") puisse-t-elle paraître au travers du filtre du temps passé et des mentalités modernes, Juliette Gréco, à l'image du titre de son dernier album (Je me souviens de tout), "se souvient de tout". Médaillée d'or il y a quelques jours sous le regard de son époux Gérard Jouannest, c'est ce "tout" qu'elle raconte dans les pages de Point de vue. Morceaux choisis :

"C'est Michèle, la femme de Boris Vian, qui me l'a présenté. Il y avait la beauté de l'homme. L'extrême beauté et le génie. La force et l'étrangeté, la différence et la modernité de ce qu'il jouait, de ce qu'il était. J'étais bouleversée par cette rencontre. Ce profil de dieu égyptien (...) J'avais 20 ans, je sortais de la guerre, et dans sa musique, j'entendais la liberté."

"On s'aimait et on partageait tout. On allait au restau que l'on pouvait payer (...) On était un peu pauvres (...) J'avais la sensation d'être moi, tout bêtement, c'est dans ma mauvaise nature. Je pense qu'il était surpris de ma liberté et de mon absence totale de regard sur la couleur."

[A Jean-Paul Sartre, qui lui demanda pourquoi il n'épousait pas Juliette], "il a répondu : 'Parce que je ne veux pas qu'elle soit malheureuse'. Parce qu'une Blanche n'épousait pas un Noir à l'époque. Mais c'est toujours sinistrement un peu les mêmes choses aujourd'hui et je n'y comprends toujours rien."

"Lui avait conscience de cette haine raciale. Moi pas. je l'ai découverte avec lui, à New York. Cela a été terrible quand il est revenu une nouvelle fois au Waldorf Astoria. Il avait pris soin de venir avec un copain du Miles Davis Quartet et ses enfants. Pour éviter que je passe pour une pute ! (...) Il m'a rappelée dans la nuit et m'a dit : "Je ne veux plus jamais vous voir, ni vous rencontrer à New York, parce que je ne veux pas que vous passiez pour une putain." Cela a été très dur pour moi. C'était une attitude humiliante pour nous tous. C'était effrayant de brutalité, de mépris, de haine. Je ne comprenais pas ce qu'il me disait. A cette époque-là, la France n'était pas du tout raciste. Plus tard, elle l'est devenue, un peu."

"On se suivait dans le monde. C'est assez curieux. Il me laissait des petits mots dans les théâtres où je jouais, car il jouait dans les mêmes endroits que moi. A chaque fois que l'on s'est revu, il avait le même regard sur moi, et moi le même regard sur lui (...) C'est un diamant, cette histoire, un truc pur, brûlant. Rien ne nous a jamais atteints. Ni lui. Ni moi. On était nous, jusqu'à la fin du monde."

Des confidences touchantes à retrouver en intégralité dans Point de vue.

 

Exposition We want Miles - Miles Davis, le jazz face à sa légende.

Jusqu'au 17 janvier 2010 à la Cité de la Musique (Paris/Porte de Pantin). Informations en cliquant ici et présentation vidéo à découvrir ci-dessus.

We Want Miles, première exposition de la Cité de la musique consacrée au jazz, coïncide avec le 50e anniversaire de la sortie de l'album Kind of Blue et le 60e anniversaire de la première venue de Miles Davis à Paris, à la salle Pleyel. Organisée avec le soutien des ayants droit de l'artiste, elle propose de retracer le parcours musical du trompettiste, de son enfance à St. Louis au concert qu'il donna sur le site même de La Villette à Paris, quelques semaines avant sa disparition.

Le musicien demeure l'un des grands architectes du jazz par le nombre de monuments essentiels qu'il a édifiés, qui jalonnent la musique populaire du XXe siècle. Personnalité complexe et à certains égards insaisissables, il n'a cessé de se mettre en scène, se construisant un profil de star avant même les rockeurs. Ses amours avec des vedettes, ses frasques, son attitude provocatrice, sa réputation sulfureuse liée à la drogue, son goût pour le luxe, alimentent un mythe qui ne saurait être réduit à du sensationnalisme. Car sa vie et sa carrière reflètent aussi sa condition d'artiste noir dans une société américaine largement dominée par un pouvoir blanc.

L'exposition, installée sur 800 m2 et divisée en huit espaces thématiques correspondant chacun à une "période" musicale de Miles Davis, rassemble 350 pièces dont de nombreux objets pour la plupart présentés pour la première fois au public : partitions manuscrites originales, trompettes, costumes de scène, inédits sonores, pressages originaux de certains disques, films amateurs et archives télévisuelles, ainsi qu'une série d'oeuvres d'art-peintures de Jean-Michel Basquiat, sculptures de George Condo, photographies de Lee Friedlander ou d'Anton Corbijn - qui témoignent d'une aura qui excède largement la seule sphère de la musique.

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