À Monaco, Lady Monika Bacardi est une figure familière des galas, tapis rouges et événements caritatifs. Mais derrière les flashes se cache une femme à la trajectoire hors norme, devenue la sixième et dernière épouse de Luis Bacardi, héritier de l’empire mondial des spiritueux dans lequel on retrouve la vodka Greygoose, le whisky Dewar's ou encore le gin Bombay Sapphire. Une romance tardive, suivie d’une naissance que personne n’attendait, puis d’une guerre judiciaire. Nos confrères de Paris Match sont revenus sur cette histoire digne des sagas familiales hollywoodiennes.
Née en Italie, d’origine italienne et autrichienne, Monika Waldner a grandi à Merano, dans le Tyrol. Passionnée d’art et de littérature, elle se perfectionne en langues et découvre très tôt le cinéma, son grand amour. "Le cinéma est de l’art, c’est même une noble expression de l’art", déclarait-elle à Monaco Tribune.
Au début des années 2000, à Monte-Carlo, elle rencontre Luis, 67 ans, marié cinq fois et héritier aussi mondain qu’extravagant du fondateur du premier rhum blanc industriel. Le couple se marie discrètement à Gibraltar. En 2004, Monika donne naissance à une fille : Maria-Luisa. Luis a alors 70 ans. Une héritière est née, et pas n’importe laquelle : elle est la seule enfant du milliardaire. Miné par un cancer, Luis organise avant sa mort la protection de son épouse et de sa fille, via un trust au Liechtenstein abritant près de deux milliards d’euros d’actifs. À sa disparition en 2005, la paix familiale vole en éclats.
En effet, se sachant condamné, Luis prend des dispositions. En 2003, il crée un trust, le Bastille Trust, auquel il confie ses actions (estimées alors à 2 milliards d'euros) dans le groupe Bacardi Ltd. Pour rappel, un trust est une structure juridique courante chez les Anglo-Saxons, qui permet de transférer la propriété de ses actifs à un ou plusieurs tiers de confiance : les trustees. Selon nos confrères de Monaco Tribune dans un article paru en juillet 2023, le Bastille Trust contrôle un pack d’actions d’environ 6 % du capital social de Bacardi Ltd. Une part très importante comparée à celles des 400 autres héritiers de l'inventeur du rhum blanc. Quant à Maria-Luisa, si elle n'a pas accès au capital, elle devait percevoir à sa majorité 50 millions d’euros de dividendes accumulés, un montant similaire à ses 25 ans, puis un dernier versement à 32 ans. "Mais à l’approche du 18e anniversaire de la jeune fille, les trustees le lui refusent. Au fil des ans, Lady Monika et Maria-Luisa sont écartées du Trust", précise le journal monégasque qui ajoute : "C’est donc une longue bataille juridique qui s’enclenche alors entre Lady Monika Bacardi et les fameux trustees. Une bataille qui dure encore aujourd’hui."
Pour Lady Monika, ce n’est pas tant une question d’argent qu’une question de principe. "Je ne me bats pas pour de l’argent, mais pour la justice", affirme-t-elle, dénonçant la distorsion des "volontés, souhaits, directives et instructions de feu Luis depuis son décès". Il faut dire que la veuve éplorée toucherait chaque année une rente à sept chiffres. De leur côté, les trustees rejettent fermement ces accusations et défendent agir "à 100 % fidèlement aux volontés du défunt". Ils assurent agir dans l’intérêt de l’héritière tout en maintenant le contrôle effectif du 6 % au sein du trust.
Mais Lady Monika n’est pas uniquement une veuve en conflit. Elle s’est fait un nom propre dans le cinéma. Après une première incursion dans la presse (avec l'achat du magazine Photo et la licence française de Playboy, ndlr) elle se tourne vers la production cinématographique. Elle cofonde Ambi Media Group, puis Iervolino & Lady Bacardi Entertainment, via laquelle elle produit des films internationaux, parfois avec des stars de renommée mondiale.
Celle qui a été nommée parmi les personnes les plus influentes d'Italie par Grazia aime aussi la jet-set. Qu’il s’agisse des galas monégasques, du tapis rouge du Bal de la Rose, des festivals de cinéma, ou des nuits d’été sur la Côte d'Azur, elle est régulièrement présente. De Saint-Tropez à Saint-Moritz en passant par Miami et New York, elle ne manque aucun rendez-vous mondain.
Active dans de nombreuses causes à Monaco, la blonde aux tenues parfois risquées semble poursuivre un objectif très simple : assurer l’avenir de sa fille et inscrire son propre nom dans l’histoire du 7ème art. Car Lady Monika Bacardi, qui refuse de dévoiler son âge, a visiblement dépassé le statut de "pièce rapportée" que lui prête les membres fondateurs de la célèbre famille. Et à en juger par son ascension, le meilleur de son film reste encore à venir.
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