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Metronomy : la dynamite anglaise habillée par Karl Lagerfeld explose ! Regardez le clip de "A thing for me" !

A une ère numérico-cybernétique où une foule d'architectes virtuels et d'acronymes illustres se targuent d'élaborer des "solutions pour une petite planète"(IBM), le trio anglais Metronomy élargit les horizons et invente des émotions à une échelle cosmique avec... son IDM brevetée - Intelligent Dance Music.

La partition de cette supernova de la scène électro est à la dimension de son nom : Metronomy, soit la loi (nomos, en grec) de la mesure, de la cadence (metro). La métronomie, pulsation inflexible imposée par le métronome. Mouvement suprêmement incorruptible. Magie cardiaque. Il y a, dans l'univers musical de la sainte trinité formée par ces garçons du Devon, toute la science du big bang électro et cette poussière d'étoiles dansantes qui s'est imprégnée dans la chair de l'homme. Une rencontre entre mesure humaine et astronomie, une sagesse spatio-temporelle, le sens sidérant d'une contraction intersidérale. Résultat : Nights out, un second album (après Pip Paine) qui frise la jouissance spasmophile.

Près de trente ans après la nébuleuse seventies née entre les apôtres du psyché art-rock flippé de Can et autres représentants azimutés du Krautrock, tels Kraftwerk parti dans des explorations - messianiques pour l'électro -, Metronomy s'inscrit dans une filiation transcendée et transcendante estampillée électropop. Et au sein de laquelle on identifie tantôt des inspirations surnaturelles qui ne sont pas sans rappeler les maîtres du kitsch sci-fi de Devo, des fureurs post-punk version New Order, et une expérimentation en mouvement qui rappelle l'inventivité perpétuelle d'Aphex Twin.

Avec Nights out (Les nuits dehors), Joseph Mount (compositeur, chanteur, claviériste et guitariste), Oscar Cash (saxophoniste et claviériste) et Gabriel Stebbing (claviériste et bassiste), ont souhaité produire un concept-album. Concept paru sur le label Because Music qui a largement séduit, la bible musicale britannique NME ayant gratifié la galette d'un rare 9/10 et en ayant fait le 6e meilleur album de l'année 2008. Un succès tel que l'album paraît à présent en France, ce 30 mars, enrichi d'une édition limitée en coffret Deluxe avec CD bonus, clips bonus, magnifique artwork signé Philip Castle et... habillage made in Karl Lagerfeld himself bonus ! Le trio sera par ailleurs en concert le 2 avril au Trabendo (déjà sold out) et de retour le 16 septembre à La Cigale.

"J'ai décidé de faire un disque que les gens auraient envie d'écouter en entier, explique Joseph, parce qu'il formerait un ensemble. Mais j'ai réalisé que Bloc Party avait déjà sorti un projet similaire... J'ai donc élargi un peu cette notion en réalisant un disque avec un fil conducteur. C'est la bande son d'une soirée." Là encore, un concept exploré par d'autres : Franz Ferdinand (dont Metronomy, qui a acquis une énorme notoriété buzzesque avec ses nombreux remixes de prestige, a remixé avec bruit le Do you want to) s'y est essayé sur le versant rock avec son dernier effort, Tonight : Franz Ferdinand.

Et effectivement, cet opus inspiré "du fait de sortir et de se retrouver souvent dans des soirées emmerdantes" (sic) suit la trajectoire sinusoïdale d'une déambulation partyesque nocturne, avec ses euphories, ses coups de fatigue, ses excentricités, ses ennuis, ses excès - et "cette sensation de solitude extrême qui nous envahit lorsqu'on est entouré de fêtards complètement déchirés et désespérés"... Avec ceci en plus que le trio fournit le remède en même temps que le poison, en développant une pop accrocheuse et sans frontières sur un son riche d'instrumentations brutes, touffues, bousculées. "Metronomy est un groupe pop, se plaît à rappeler son frontman Joseph Mount, en ce sens qu'une pop-song doit apporter quelque chose de nouveau à l'auditeur toutes les cinq ou dix secondes, pour qu'il puisse réévaluer sans cesse son expérience et l'ensemble du morceau. Il doit être bombardée d'idées, autant musicales que visuelles. C'est une sorte de mind-game - même si nous ne voulons pas paraître plus intelligents que l'auditeur..."

L'excursion débute avec l'ultra déroutant single éponyme Nights out : incipit en mode corne de brume synthétique explosée, comme un ferry qui sort du port ou un réveil de lendemain de cuite, irruption paresseuse et désaccordée dans une musicalité lourdaude, ronchonne et geignarde héritée d'on ne sait quel folklore, avant que la batterie numérique vienne mettre en ordre de marche (sur un tempo de marche) les tympans... Incroyable audace... Un trait d'union cuivré nous fait pousser les portes du psychédélisme pour entrer, avec The End of you too, dans un space-age hystéro, paradis hyper-synthétique ultra beaté qui nargue à coups de percussions exotiques, de guitares électriques et d'harmonica numérique, de violons synthétique et de comètes sonores comme Justice aime parfois en croiser.

Pour la première fois, on reparle d'électropop vocale (puisque c'est la voie empruntée par le groupe) à la troisième piste, Radio Ladio : un clap your hands flamenco sur un riff de guitare en ostinato et percu de bidon en plastique tordu, avant de plonger dans l'atmosphérique du duo voix ténébreuse-mélodies inarrêtables pour une rencontre de dancefloor : "She's taking my breath away/What's your name ?" Une rencontre qui va occasionner la tachycardie du morceau suivant, logiquement baptisé My heart rate rapid, stressé et halluciné, parcouru de choeurs androgynes venus de l'espace. Lorsque l'adrénaline retombe enfin, reste ce Heartbreaker (très eighties et un brin Talking Heads) paisiblement colérique, qui pousse au plaquage de la fille brise-coeur pour retrouver un semblant de bonne humeur. L'intermède On the motorway, qui n'est pas sans faire penser à Bloc Party, s'impose comme un road-movie nocturne pour changer de club, de décor, d'ambiance... Chose faite sur le Side 2 de piles usagées et de crépitement de vinyle qui vient ensuite. La seconde partie de la nuit débute alors avec Holiday, et tourne au karaoké tueur (vous comprendrez en regardant la vidéo) avec A Thing for me, dont nous vous proposons le clip. Au passage, probablement un des clips les plus bluffants, inventifs, hype du moment - entendez : de l'année. Une merveille. Et après un final tournoyant On dancefloors, l'épilogue en aubade de mélancolie apaisée à la guitare détonne méchamment. Fin d'une époustouflante épopée électropop.

On remet ça ce soir ?

Guillaume Joffroy

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