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Regardez Charlotte Gainsbourg et le dandy Beck en duo dans un clip... vital : Heaven can wait !

Charlotte Gainsbourg et Beck, très complices, ont dévoilé le clip de Heaven can wait, extrait de l'album IRM (sortie le 7 décembre)
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Charlotte Gainsbourg et Beck, très complices, ont dévoilé le clip de Heaven can wait , extrait de l'album IRM (sortie le 7 décembre)

L'heure est à la création hors du temps. Quelques semaines après la sensation exquisément anachronique créée par le single Relator et l'album Break Up proposés par Scarlett Johansson et Pete Yorn, Charlotte Gainsbourg jette un pavé dans la mare des raretés musicales. Points communs : elle aussi s'est associée à un créateur dandy, discret et brillant, tandis que, là encore, l'ombre de Gainsbourg, le père, planait sur son travail osmotique avec le très bon Beck.

D'ailleurs, lorsque Charlotte, à qui Joann Sfar avait pensé pour incarner Gainsbourg à l'écran dans le biopic qui lui est consacré, affirme : "La présence de mon père demeure très forte chez moi et autour de moi, et je suis certaine que Beck a remarqué ça" (et de compléter : "je n'ai pas eu à lui dire. Nous n'avons pas vraiment évoqué le sujet. Je n'ai pas ressenti le besoin de savoir ce que Beck connaissait au juste de mon père. Il valait mieux que cela reste caché"), l'auteur du hit Loser décrypte : "Je suis profondément influencé par Serge Gainsbourg et toute la musique française dont il émane, et ce depuis l'enfance. Mais en ce qui concerne Charlotte, j'ai cherché à éviter ces références. Nous ne voulions surtout pas faire un disque retro. La seule exception, c'est la reprise du " Chat du Café des Artistes ", une chanson canadienne enregistrée dans les sixties et probablement influencée par Serge. Un morceau remarquable, et de plus Charlotte a pigé tout de suite l'humour des paroles. Mais la plupart du temps, j'ai essayé de trouver des sons qui lui correspondent. Ce qui n'est pas une tâche facile dans la mesure où son père a déjà tout exploré. Du reggae au rock orchestral en passant par le jazz et les percussions africaines, il est allé partout, sur tant d'enregistrements définitifs... Charlotte et moi avons repris l'idée des percussions d'Afrique du Nord pour notre propre disque."

Après avoir dévoilé la chanson-titre ainsi que le premier single, Heaven can wait, extrait de l'album IRM (Because Music) qu'elle a décidé pour la première fois de défendre sur scène et baptisé en référence à l'hémorragie cérébrale dont la chanteuse et comédienne a été victime en 2007, à paraître le 7 décembre prochain, celui-ci s'assortit d'un clip absolument remarquable à découvrir ci-dessus - son auteur n'est pas tout à fait novice : on doit à Keith Schofield Jealousy Rides With Me pour Death Cab for Cutie (très en vue avec la nouvelle bande originale Twilight), Bad Blood pour Supergrass, Dusk Till Dawn pour Ladyhawke, Be the One pour les Ting Tings, mais aussi quelques publicités savoureuses (sur le site officiel de Keith, regardez donc la vidéo virale tout public réalisée à partir d'images de films porno pour Diesel, deux fois primée en 2009, à Cannes et en Grande-Bretagne - on retrouve d'ailleurs la séquence "bonbons" dans le clip de Heaven can wait !).

Sur Heaven can wait, pan de pop savoureusement désuète à effet de pompe, le duo Charlotte Gainsbourg-Beck, à l'unisson (pour une épaisseur chorale délectable), offre une célébration de la vie accompagnée visuellement, en slow motion, par quelques délices morbides. Un clip sublime et immanquable, premier tableau d'un album "tantôt lumineux et élégant, tantôt sombre et perturbant, une plongée hypnotique dans les méandres d'une psyché complexe qui envoûtera quiconque prendra le temps de vraiment l'écouter".

Pour en savoir un peu plus avant même d'écouter ce disque très bientôt disponible, lisez ci-après les édifiants commentaires de Nick Kent, qui fait parler à tour de rôle Charlotte et Beck.

"Je ne suis ni " grand public ", ni " underground ", affirme Charlotte en parlant de sa carrière musicale et de fait, " I.R.M. " n'appartient à aucune de ces catégories
L'album dévoile plutôt un monde musical neuf, où les percussions d'Afrique du Nord se marient harmonieusement à l'electro la plus pointue, où la chanson française et la musique Américaine " roots " se rencontrent avec un bonheur tel qu'elles s'enrichissent mutuellement de l'expérience. Appelez cela une nouvelle forme de " world music " si ça vous chante. Plus précisément, il s'agit d'un voyage dans l'univers intime de Charlotte Gainsbourg tel que dévoilé par Beck, un authentique prodige Américain au sommet de son art. Voici l'histoire de la création de " I.R.M. " racontée par ses deux protagonistes :

CHARLOTTE : " Après mon dernier album " 5 :55 ", je voulais prendre une nouvelle direction. Je voulais me surprendre. Et je rêvais de travailler avec Beck depuis très longtemps. Notre association a réellement bien fonctionné. "

BECK : " Mes amis de Air et Nigel Godrich m'avaient demandé de collaborer au dernier album de Charlotte mais comme j'avais trop de projets en route à l'époque, j'avais dû décliner. Cette fois, dès qu'elle m'a appelé j'ai immédiatement dit oui ! "

CHARLOTTE : " On a démarré par une séance de cinq jours pour voir si on pouvait travailler ensemble et ce qui se passerait si on tentait le coup. Trois des chansons de l'album sont issues de ces premiers jours et j'ai adoré l'expérience. J'ai vraiment aimé travailler avec lui et j'ai su que c'était exactement ce que je voulais. Mais cela s'est fait au fur et à mesure. "

BECK : " Je l'ai rencontrée plusieurs fois -la première, il y a cinq ou six ans, et j'ai appris à la connaître un petit peu. Lors de nos sessions, j'ai juste commencé à jouer, à faire de la musique. Il me semble que j'ai composé 10 chansons en quatre jours. Au début, j'essayais seulement d'avancer dans l'obscurité jusqu'à ce que nous trouvions ensemble une résonance.
Je lui ai demandé ce qu'elle pensait jusqu'à ce qu'une osmose se crée entre nous. Je savais que le simple fait de me trouver dans la même pièce qu'elle, ressentir sa personnalité, allait influencer la façon dont j'écrirais les chansons. L'idée de départ, c'était que je sois un " passeur ", quelqu'un qui essaye de retranscrire son monde en musique. "

CHARLOTTE : " Je ne voulais pas qu'il écrive des chansons dans son coin et me refile ensuite les mélodies et les paroles. Je voulais être impliquée dans le processus créatif. Du coup, il s'est lancé à partir de rien, avec moi dans le studio. Et il a progressé selon mes réactions, ce que j'avais à dire. Beck est extrêmement prolifique, j'ai été bluffée par la quantité de travail qu'il est capable d'abattre. Comme il a pratiquement tout fait, il a également écrit les paroles très vite -je lui montrais des bribes de mes propres écrits qu'il prenait pour base. Ma contribution est importante dans la mesure où j'étais présente à chacune des étapes. D'une certaine façon, il a canalisé ma personnalité. Et une coïncidence étrange s'est produite sur la toute première chanson qu'on essayait de concrétiser, " Master's Hand ".

BECK : " Durant cette séance, j'étais épuisé et je me suis mis à gribouiller des paroles sur un bout de papier. L'une des phrases que j'ai trouvée disait " Percez ma tête de nombreux trous/Que les souvenirs puissent sortir " (" Drill my head full of holes/To let the memories out ".) C'était une métaphore mais ensuite, l'ingénieur du son m'a dit " Tu sais, c'est exactement ce qu'il lui est arrivé l'an dernier. " Et je ne savais absolument pas qu'elle avait eu cet accident. (En 2007, Charlotte a été opérée d'urgence à la suite d'une hémorragie cérébrale) Nous n'en avions jamais parlé. Pour moi, le véritable début se situe à ce moment précis.

CHARLOTTE : " Il s'est passé plein de petits trucs mystérieux comme ça... J'ai vraiment aimé l'élément " hasardeux " de la chose, ces coïncidences. Cet enregistrement doit beaucoup à la spontanéité et au hasard.

BECK : " A partir de là, une sorte d'alchimie bizarre s'est créée entre nous. J'ai écrit les chansons et joué presque toutes les parties instrumentales, mais mon véritable but, c'était de réussir à devenir transparent, pratiquement invisible, afin que l'auditeur ne se concentre que sur elle. "

CHARLOTTE : " Je voulais que ma voix sonne très nue sur ce disque. La musique s'y prêtait, c'était plus évident ainsi. Plus sincère et honnête. J'entendais constamment dans ma tête le chant des choristes sur le disque " Gainsbourg Percussions ": des voix dépouillées, sans artifices. Alors, j'ai essayé de chanter sans y penser. Et Beck ne m'a pas " dirigée ". Nos séances ressemblaient plutôt à une sorte d' " atelier musical ", un espace où des choses se produisaient sans arrêt et nous y réagissions spontanément. Il a montré un enthousiasme tel qu'il m'a immédiatement donné confiance en moi. Il proposait des idées, et attendait ma réaction. Rien à voir avec un film où le cadre est fixé par avance, le metteur en scène vous dit où il veut en venir et vous y emmène. Là, il s'agissait de Beck intégrant mon univers et communiquant avec. "

BECK : " Musicalement, elle s'est trouvée, elle a beaucoup appris quant à la manière de procéder. Pour la première fois, elle va donner des concerts. Je l'ai aidée à réunir un groupe. Je pense qu'elle a vraiment beaucoup à offrir à la musique. Il se passe des tas de choses dans cette tête-là. Tout le monde a plusieurs facettes -mais Charlotte Gainsbourg en a décidément beaucoup. Elle est très intelligente, très forte, incroyablement gentille et très ouverte, même si elle a des idées bien arrêtées sur ce qu'elle aime. C'est quelqu'un de très rare."

G.J.

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