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Regardez comment le formidable Ben Sidran, le "jazz rappeur", rembourse sa dette...

C'est l'année Bob Dylan. Si l'ineffable troubadour folk a salué la démarche de son ami et "promoteur" historique en France Hugues Aufray, auteur d'un album de duos en forme d'hommage, mais s'est également affairé à un album... de Noël (!), c'est un autre cadeau qu'il reçoit depuis quelques heures, de la part d'une autre personnalité émérite de la musique : Ben Sidran.

A 66 ans, le premier "jazz rappeur" avéré (formule du Times de Londres), qui s'estproduit hier et avant-hier au Sunside parisien, a décidé d'honorer une dette qu'il avoue avoir mis 40 ans à reconnaître : et c'est avec l'album Dylan Different (Bonsaï Music/Harmonia Mundi), paru lundi 16 novembre, qu'il le fait - album contenant, par ailleurs, les contributions de Rodolphe Burger, Marcelo Giulliani, Alberto Malo, ainsi que de son fils Leo Sidran (producteur de l'album), qui a eu le privilège, dans ses jeunes années, de se voir enseigner la guitare par l'illustre ami de son père, Steve Miller. Leo Sidran est par ailleurs le compositeur oscarisé de la bande originale des superbes Carnets de voyage (The Motorcycle Diaries, 2003).

Claviériste et producteur incontournable, qui a mis ses talents au service de ses idoles Steve Miller (pour qui il écrivit notamment, au sein de l'incontournable formation blues The Steve Miller Band, Space Cowboy, paru sur Brave New World) et Mose Allison, mais encore Diana Ross, Boz Scaggs, Richie Cole et Van Morrison, Ben Sidran signe là une nouvelle pièce de sa large discographie personnelle (plus de trente efforts...), que nous vous proposons de commencer à découvrir avec la vidéo, ci-dessus, de l'enregistrement de Highway 61, extrait de l'album Dylan Different, véritable tribute au hit Highway 61 de Dylan, en référence à l'autoroute qui passe par sa ville natale de Duluth.

Les affinités musicales de Ben Sidran sont nées presque en même temps qu'il est né à la musique : après ses débuts pianistiques marqués par le boogie woogie, il rejoignait Steve Miller et Boy Scaggs, rencontrés à l'université de Wisconsin-Madison en 1961, au sein de The Ardells. Quand ses deux compères partirent pour suivre l'essor de leur carrière, Sidran rempila à l'université du Sussex, en Angleterre, pour y boucler un doctorat en histoire et sociologie - en réalité, il désirait étudier à la même fac que Bob Dylan et Mose Allison !

Egalement célèbre pour ses activités audiovisuelles et particulièrement son feuilleton radiophonique Talking Jazz (de nombreuses heures d'interviews avec les grands du jazz, de Miles Davis, Dizzy Gillespie à Art Blakey - un classique de la radio aux USA et a fait l'objet d'un coffret 24 CDs), ainsi que pour ses écrits (spécialement Black Talk, essai sociologique sur la musique noire aux Etats-Unis), Ben Sidran décrypte lui-même cet hommage tardif à Dylan :

"Il n'est pas possible de comprendre l'importance que Bob Dylan a eue sur nous aux USA, dans les années 1961 à 1967, si vous n'y étiez pas.

Il est arrivé de nulle part, a dit des choses magiques avec un ton sincère et ce qu'il a fait, dit, composé et chanté a ouvert la porte pour nous tous.

Il a été personnellement le détonateur pour des milliers personnes qui ont commencé à écrire des chansons, et si on ajoute le fait que tous ces gens se sont inter-influencés, on peut affirmer que Bob Dylan fut comme un virus qui se propageât partout dans la musique populaire.

Même si j'étais un fan de jazz à cette époque, j'écoutais chaque album qu'il publiait.

Ce n'est que depuis quelques années que j'ai commencé à interpréter certaines de ses chansons sur scène. J'ai trouvé qu'elles étaient très agréables à chanter, et les gens ont adoré entendre ses textes que j'ai essayé de mettre en valeur d'une nouvelle façon, tout comme j'ai pu les adapter et les faire comme miennes.

Bob Dylan est un des rares artistes a être comme un écran de cinéma sur lequel chacun projette sa propre histoire ; comme Garcia Lorca avant lui en Espagne, sa créativité s'est infiltrée dans les structures sociales jusqu'à corriger de vieilles erreurs.

Ce faisant, il a aidé à inventer le futur. J'ai mis plus de 40 ans pour être capable de reconnaître (musicalement) ma dette envers Dylan, mais c'est quelque chose que je voulais faire depuis très longtemps, et je suis très heureux de l'avoir fait."

Pour les plus passionnés et les anglophones, voici un autre texte-tribute, particulièrement savoureux, signé Ben Sidran :

I met Bob Dylan once,
a long time ago.
He was an electrified wolf pressed up against the back of a booth
at the Marigold Ballroom in Minneapolis.
I saw him from the stage and told my Albert Grossman joke:
"Here's a man whose last name should have been hyphenated."
After the set I went over to the booth and said
"Bob you influenced me a lot."
Bob said, "Oh yeah?"
Sparks were coming off of him.

I passed Bob Dylan on a stairway once,
fifteen years ago.
He was coming down and I was going up.
His security guy was walking in front of him,
like he was clearing the road of lepers,
and he said to me, "Get back!"
Bob was looking down at his feet.
He never looked up.
Under his hood, he looked just like a ghost.

I dreamed about Bob Dylan once,
it was just last year.
I was standing in this long line.
And everybody in the line had a stack of cards with writing on 'em
and we were all just waiting to go into this big room
and justify our lives by putting the cards in order.
And I had a plan.
I was gonna turn all my cards over so they looked like they were blank
and I was gonna hand them in that way.
And there was a long line of people coming out of that big room too
and one of them was Bob Dylan. And he said,
"Ben, what are you gonna do?"
And I showed him my cards and he handed me a pencil and said,
"Man, You better get busy!"

I wrote a song for Bob Dylan,
just the other day.
The chorus goes like this:

We are the tears of a man in Thailand that wash up on a distant shore
We are the wings of a butterfly in China that started the ocean's roar
We are the straw that broke the camel's back, the bull in the china store
We are here but for a minute and gone for a whole lot more

I never played it and maybe I never will,
but I know one thing.
If I ever meet Bob Dylan again,
I'm not gonna bring it up.

-- Ben Sidran, July, 2009

Guillaume Joffroy

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