Il a été l'auteur du premier film pornographique diffusé sur Canal+. Mais ce vendredi 2 mai, il n'est plus. À la veille de ses 80 ans, Jean-François Davy est mort. C'est ce qu'annonce l'AFP ce jour, après avoir su la triste nouvelle de la famille du cinéaste. Le producteur et réalisateur est décédé chez lui, à Paris, comme l'a précisé son fils Mathieu Davy. Sa carrière avait démarré dans les années 1960 et 1970. Et c'est avec le film Exhibition que l'homme avait rencontré le succès. Ce documentaire, commencé dans les coulisses d'un tournage avec l'actrice Claudine Beccarie, avait été présenté à Cannes. Et c'est en salles qu'il va connaître un succès. Il fut ensuite le premier film X diffusé sur Canal+.
Par la suite, Jean-François Davy a réalisé et produit des films pornographiques ou parfois conventionnels jusqu'aux années 1980, rappelle FranceInfo. Il a développé une importante activité d'éditeur vidéo, avant de revenir derrière la caméra dans les années 2000. Mais c'est bien dans les années 1970 que l'homme a connu son heure de gloire, grâce au sensationnel Exhibition. Néanmoins ces vingt-dernières années, Jean-François Davy a gagné sa vie grâce à d’habiles placements immobiliers, comme le rapporte Vanity Fair, qui revient sur sa folle histoire. Le producteur disparu reconnaissait à l'époque : "Enfant, je voulais être conducteur de train. En fait, j’ai toujours voulu être celui qui conduit et non celui qui est conduit." Et si les week-end de ce fils d'enseignant et d'une mère dame-cathé sont consacrés pendant longtemps au scoutisme, il prendra finalement un tout autre virage.
"Dans ce monde puritain, le scoutisme avait un côté paramilitaire. Au début des années 1960 sortaient les premiers numéros de Lui et, vers l’âge de 15 ans, je me suis découvert une forte attirance pour le corps des femmes. À cette époque, j’ai perdu la foi... en priant ! Au cours d’un camp scout, j’ai décidé de passer la nuit dans une chapelle. Et j’ai pris de grandes décisions : j’allais tout revoir, arrêter de fumer, renoncer à me masturber, etc. Une vraie radicalisation. Au petit matin, j’ai constaté qu’il ne se passait rien. Du jour au lendemain, j’ai remplacé la messe par le bistro", avait-il reconnu, en 2017, auprès de nos confrères. Élève à Henri-IV, il écume les cinémas et se prend d'amour pour ce septième art. Il monte alors l’Équipe de cinéma indépendant, une association qui a pour but de produire des films, et en confie le trésorerie à Patrick Balkany.
Sa première expérience sur un tournage sera celle d’assistant sur Brigitte et Brigitte (1966) de Luc Moullet. Puis, il se lancera en 1968 avec un thriller intitulé Traquenards. "Mon coproducteur, un marchand de chaussures reconverti dans le septième art, m’a demandé de pimenter l’intrigue d’érotisme. Je voulais faire des films d’auteur mais le cinéma représentait un bon moyen de tordre le cou à mon éducation judéo-chrétienne. J’ai donc bien accueilli sa proposition." Et c'est avec ce film qu'il mettra alors ses pieds dans le monde du cinéma érotique. Davy croyait tourner son premier polar; il venait de mettre un pied dans le cinéma érotique. Lorsque Exhibition sort il fait l'évènement à Cannes en 1975, puis triomphe tout l'été au cinéma. C'est l'un des plus grands souvenirs qu'il reste du désormais regretté Jean-François Davy.