À l’époque, personne ne s’attendait à ce que Voilà, chanson à l’intensité brute et à la sincérité désarmante, propulse Barbara Pravi en tête du concours européen, l’Eurovision, juste derrière les Italiens de Måneskin. En 2021, Ce succès immédiat la fait passer d’artiste confidentielle à figure incontournable de la nouvelle scène française. En l’espace de quelques mois, celle qui a refusé de participer aux Enfoirés est partout : sur scène, en studio, à l’écran. Un succès qui ne se dément pas. Ce lundi 14 avril, elle incarne Marie Dorval dans une fiction télévisée diffusée sur France 2, tout en enchaînant encore les concerts en Europe et en préparant un livre.
Mais cette trajectoire impressionnante, marquée par la reconnaissance artistique, ne va pas sans conséquence, ainsi qu'elle le confie à La Tribune du Dimanche ce 13 avril 2025. Certaines sont positives : "Je suis passée du RSA à gagner ma vie grâce à la musique, depuis trois ans" explique-t-elle. Mais d'autres le sont moins...
"Le regard sur vous change", admet-elle avant de poursuivre : "J’ai perdu quelques 'proches’ qui n’étaient finalement pas de vrais amis". Un constat amer symptomatique d’une célébrité parfois trop rapide, qui chamboule les repères et transforme les relations, "Pourtant, je ne pense pas avoir enflé des chevilles", constate-t-elle. Si Barbara Pravi reconnaît la chance d’avoir pu vivre de sa passion, elle n’élude pas les effets secondaires d’une vie exposée. Elle s’exprime d'ailleurs sans filtre sur les pressions psychologiques que cela implique. "Pour faire un métier d’exposition comme le nôtre, il faut être à moitié fou", lance-t-elle à nos confrères.
"Depuis un an et demi, je suis une psychanalyse", révèle d'ailleurs la chanteuse dans ce même entretien. Une démarche qu’elle considère essentielle, au point de suggérer qu’elle soit "prise en charge par les maisons de disque". Cette attention à sa santé mentale, elle la revendique comme un outil de survie. Après l’Eurovision, elle avait déjà évoqué un épisode dépressif en 2023 : "La vie devient tellement mouvementée, j’ai fait des concerts partout alors que normalement je suis chez moi, je bois ma petite tisane le soir… (...) À vrai dire oui, j’ai fait une petite dépression cet été" avait-elle affirmé.
Aujourd’hui, Barbara Pravi semble avoir trouvé un certain équilibre. Elle chante, joue, écrit, mais ne transige pas avec ses convictions. En effet, la jeune chanteuse à l’enfance tourmentée refuse de se produire aux États-Unis : "Dans l’idée, j’aurais adoré, mais vu le contexte politique, je n’ai pas envie", tranche-t-elle.
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