Connu du grand public pour son rôle récurrent dans la série humoristique Nos chers voisins diffusée sur TF1, Thierry Samitier s’est longtemps illustré dans un registre comique et populaire. C’est en octobre 2023 que le comédien Thierry Samitier est placé en garde à vue à la suite d’une plainte pour agressions sexuelles et harcèlement déposée par deux comédiennes, Alice et Inès (les noms ont été changés) pour des faits remontant à la période 2018–2019.
Ces agissements présumés se seraient déroulés lors des représentations de la pièce Boeing Boeing, dans laquelle ils jouaient ensemble. Même s’il n’a jamais reconnu les faits, Thierry Samitier est désormais renvoyé devant le tribunal correctionnel et risque 15 mois de prison avec sursis, assortis d’un suivi judiciaire comme l'indiquent nos confrères de Médiapart.
Après plus de six années d’attente, Alice et Inès ont enfin pu exposer les faits qu’elles disent avoir subis ce vendredi 4 avril 2025. Les auditions des deux femmes âgées aujourd’hui de 40 et 44 ans ont mis en lumière des comportements intrusifs, des gestes déplacés répétés, une atmosphère "sexualisée", ainsi qu’un "comportement de prédateur sexuel". Collé derrière une actrice dans sa loge, baisers avec la langue forcés durant les scènes, propos ambigus… Les situations décrites évoquent une forme de harcèlement quotidien. Des faits qui ont malheureusement bouleversé leur carrière et leur santé mentale comme elles le révèlent à la barre.
Face au tribunal, les témoignages se recoupent et s’enchaînent. D’autres professionnels du théâtre et comédiens à l’image de l’ex-footballeur Frank Lebœuf ont été entendus à l’audience pour confirmer les confidences et la détresse des deux femmes à l’époque. Face à ces accusations, le comédien de 61 ans, connu pour ses rôles comiques à la télévision, a nié catégoriquement les faits. Vêtu d’une chemise froissée, parlant fort et parfois hors sujet, il s’est défendu tant bien que mal, évoquant une "réécriture des faits" par les plaignantes, contestant toute volonté déplacée. Il a reconnu un baiser "malheureux", mais nie toute intention d’agression.
De son côté, l'avocat des parties civiles parle d’un "mode opératoire", d’une répétition de gestes et de paroles équivoques, dans différents contextes. "J’ai vu des femmes rayonnantes régresser, pleurer, trembler avant de monter sur scène", a affirmé une collègue de la pièce Boeing Boeing. Pour la procureure, les faits sont graves, elle a requis 15 mois de prison avec sursis, une mise à l’épreuve de 24 mois, une obligation de soins, ainsi qu’une peine d’inéligibilité. Le verdict, très attendu, sera rendu le 14 mai.
Thierry Samitier reste présumé innocent dans cette affaire jusqu'à la fin du procès.
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