C’est à l’église Saint-Roch, à Paris, la même où furent célébrées les obsèques de Thierry Ardisson il y a seulement quelques jours, que s’est tenu ce 28 juillet un dernier adieu à Jacques Bertin, figure incontournable du théâtre parisien, disparu à l’âge de 90 ans. Directeur du Théâtre du Gymnase Marie Bell pendant plus de quarante ans, il a marqué des générations d’artistes et de spectateurs par son amour de la scène et des comédiens. La cérémonie a réuni ses proches, sa veuve, plusieurs personnalités du monde culturel, dont Francis Lalanne, Jean-Marc Dumontet Daniel Russo, venus saluer une dernière fois celui que beaucoup considéraient comme un pilier du théâtre de boulevard. Son nom est indissociable du Gymnase, ce lieu historique qu’il a su faire rayonner avec "générosité, fantaisie et une liberté rare", comme le rappelait récemment un hommage publié par le Théâtre du Gymnase sur les réseaux sociaux.
Administrateur du théâtre depuis 1975, il avait succédé dix ans plus tard à l’iconique Marie Bell. "Il accueillait les artistes avec un mélange de bienveillance, d’humour et d’élégance", témoigne le communiqué du Gymnase. Nombreux sont ceux qui se souviennent de ses anecdotes savoureuses ou de son œil bienveillant posé sur des projets parfois audacieux.
Ministre de la Culture, Rachida Dati a salué dans un communiqué "un amoureux des comédiens et des metteurs en scène", soulignant que "Jacques Bertin avait cru en un théâtre ouvert et rassembleur". Ce dernier n’a jamais cessé de croire en la transmission, allant jusqu’à ouvrir récemment les portes de sa scène à des étudiants, leur offrant le privilège de jouer sur les planches du Gymnase.
Il nourrissait une admiration toute particulière pour les géants de l’humour, Coluche en tête, dont il fit venir le talent dès la fin des années 70. Symbole de ce lien fort avec le comique légendaire, Jacques Bertin possédait une Rolls-Royce ayant appartenu à Coluche. "Conduire cette voiture n’était pas seulement un clin d’œil au passé : c’était pour lui un symbole, un lien vivant avec l’histoire du théâtre", rappelle le message du Gymnase.
"Il laisse derrière lui le souvenir d’un grand directeur"
Le directeur du Gymnase aimait les artistes comme il aimait l’art vivant : sans snobisme ni concession. Il a su faire dialoguer les générations, notamment en programmant des spectacles comme Madagascar, qui a séduit un jeune public venu en famille. "Il laisse derrière lui le souvenir d’un grand directeur, à l’image du théâtre qu’il produisait : drôle et généreux", conclut celle qui a récemment dû faire face à une décision difficile.
Alors que son cercueil quittait Saint-Roch, l’émotion était palpable. Les hommages sincères se sont mêlés aux souvenirs tendres. Le rideau est tombé, mais l’esprit de Jacques Bertin continuera d’habiter les coulisses du Gymnase Marie Bell.
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