Se lancer dans une carrière politique est souvent synonyme de passion. Défendre des idées et les faire accepter (ou pas) aux opposants sont de véritables challenges que tout le monde ne peut pas relever. Mais il en faut bien pour se lancer et certains n’ont pas peur de mouiller le maillot. On parle bien sûr des présidents de la République, des ministres mais aussi des maires. Et s’il y en a une qui s’est attirée les foudres de nombreuses personnes au cours des dernières années, c’est Anne Hidalgo.
Depuis 2014, Anne Hidalgo est la maire de Paris. Et autant dire que la socialiste s’est donnée pour mission de faire de la capitale un espace plus vert et moins pollué. Pour ce faire, impossible de satisfaire tout le monde. Alors réduire l’impact des voitures en interdisant certains véhicules à la circulation, en augmentant les tarifs du stationnement en ville, en réduisant les voies de circulation pour favoriser la création de pistes cyclables pour encourager les déplacements en vélo… Ça a du mal à passer pour de nombreuses personnalités à l'image de Fabrice Lucchini et pour ceux qui n’ont pas les moyens de parcourir de grandes distances autrement qu’avec leur voiture, jugeant la sécurité des piétons et cyclistes trop faibles à Paris et les transports en commun trop chers et peu fiables.
Dans les pages du magazine Elle en kiosque ce jeudi 13 mars, Anne Hidalgo a joué carte sur table. Celle qui a sorti son livre Résister. Le pari de l’espoir (ed. L’observatoire) ce mercredi livre ses vérités et les difficultés auxquelles elle a fait face durant ses mandats de maire. Elle l’affirme désormais, elle ne sera pas candidate l’an prochain aux élections municipales et cède sa place pour se consacrer à des missions d’accompagnement dans la protection de l’environnement. L’occasion aussi de s’éloigner des feux des projecteurs et des critiques qui ne l’ont définitivement pas épargnée pendant plus de dix ans.
En politique, peu de gens vous veulent du bien
Là où en règle générale, dans le cas d’attaques, les proches volent à votre secours, Anne Hidalgo n’a pas pu compter sur le soutien de tous les socialistes. Un constat qui lui a permis de tirer des leçons : “J’ai compris qu’en politique, peu de gens vous veulent du bien. Après les JO, le PS, mon parti, a félicité absolument tous les organisateurs sauf la maire de Paris. Sympa, non ? Mais je ne suis pas naïve, je sais que les amis devenus rivaux peuvent redevenir des amis… Mieux vaut rester amis sauf si la trahison est trop violente. Dans ce cas-là moi, je baisse le rideau pour de bon.”
Quant au ras-le-bol des Parisiens, celle qui est mariée à Jean-Marc Germain préfère relativiser : “[Ils] m’ont quand même élue et réélue. [...] Il y aura toujours des gens très conservateurs qui considèrent que tout ce qui pourrait porter atteinte à leur bulle d’intimité est éliminatoire” avoue-t-elle. Boudée en France, Anne Hidalgo est néanmoins encensée à l’international et a été élue comme l’une des femmes les plus importantes de l’année en 2024 pour Forbes, Time et Financial Times rien que ça. Si elle doit bien évidemment s’en réjouir, pas de quoi lui faire prendre la grosse tête. Seule une chose compte après toutes ces années passées à la mairie de Paris : “Une majorité trouve que la politique que je conduis a amélioré leur vie, c’est ça qui compte.”
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