Le 27 mai 2025, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture deux propositions de loi majeures sur la fin de vie en France. La première établit un "droit à l'aide à mourir", permettant aux personnes majeures atteintes d'une maladie grave et incurable, en phase avancée ou terminale, et souffrant de douleurs physiques ou psychologiques réfractaires, de demander une assistance pour mettre fin à leurs jours. Cette aide peut être auto-administrée ou, si la personne n'est pas en mesure de le faire, administrée par un professionnel de santé. Le texte prévoit des critères stricts et une procédure encadrée pour garantir la liberté et la lucidité du choix du patient. Parallèlement, une seconde proposition de loi sur les soins palliatifs a été adoptée à l'unanimité. Elle vise à renforcer l'accès à ces soins sur l'ensemble du territoire, notamment par la création de maisons d'accompagnement et la mise en place d'un plan personnalisé pour chaque patient. Ces textes doivent désormais être examinés par le Sénat à l'automne 2025. La ministre de la Santé, Catherine Vautrin, espère une adoption définitive avant 2027.
Ce projet de loi, soutenu par le président Emmanuel Macron, représente une avancée sociétale majeure mais pas aux yeux du docteur Gérald Kierzek qui officie pour Télématin. Sur son compte X, le médecin a pris la parole et a eu du mal à cacher sa colère. "Parce qu'il est plus facile et moins cher de tuer que de soigner, cette loi serait une honte pour notre société si elle devait être adoptée", a-t-il écrit en légende d'une longue vidéo dans laquelle il explique son propos. "Vidéo de garde un peu particulière et un peu amère ce soir, à l'issue du vote de l'Assemblée Nationale en faveur de cette loi sur l'euthanasie, cette loi sur la fin de vie. Alors oui, on meurt dans l'indignité en France, et je m'adresse à tous les députés de droite ou de gauche, mais surtout de gauche peut-être, qui votent cette loi comme étant un progrès social. Cette loi, elle accepte finalement que les services de soins palliatifs ne soient pas développés sur tout le territoire", a-t-il d'abord regretté.
Il a ensuite confié que selon lui, cette loi "accepte l'agonie du service de santé, en particulier du service public". "Elle accepte aussi que la loi Claeys-Leonetti, qui est une loi très équilibrée avec les directives anticipées, avec la possibilité d'accompagner les gens dans la dignité, de soulager la douleur… Elle accepte que cette loi ne soit pas appliquée, et qu'on passe directement, finalement, à la case sortie. C'est un peu le marche ou crève", s'est insurgé le docteur Gérald Kierzek.
Et de renchérir avec la même émotion : "On est dans une société où globalement il faudra être performant, on parle de l'homme augmenté, mais qu'est-ce qu'on fait de l'homme diminué, de l'homme vulnérable ? Ça va considérablement changer si ça passe, et j'espère que ça ne passera pas grâce au Sénat. Si ça passe, cette loi sur l'euthanasie, ça change considérablement le métier de soignant. Soigner n'est pas tuer, soigner c'est accompagner, c'est soulager la douleur, mais c'est absolument pas faire un acte létal qui nous dépasse largement".
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