Jeudi 18 septembre, la France a été marquée par une mobilisation sociale d’ampleur. À l’appel des syndicats, plus de 500 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur - et jusqu’à un million d’après les organisateurs - ont défilé dans plusieurs grandes villes. Objectif affiché : faire pression sur le tout nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, afin qu’il infléchisse sa politique budgétaire. Dans les cortèges, les revendications allaient de la demande d’une fiscalité plus équitable à la revalorisation des salaires, des retraites et des services publics.
À Lyon, troisième ville du pays, la journée a pris un tour plus dramatique. En marge du défilé, des heurts ont éclaté entre un groupe de jeunes et les forces de l’ordre. L’usage de grenades de désencerclement et de gaz lacrymogène a provoqué des scènes de tension au cœur du cortège. C’est dans ce contexte qu’un journaliste de France Télévisions a été atteint au dos, à la suite de l’explosion d’un projectile. Rapidement pris en charge, il a été transporté à l’hôpital. Selon un collègue présent, l’incident aurait pu avoir des conséquences bien plus graves.
Le soir même, dans le journal télévisé de 20 heures sur France 2, Léa Salamé a tenu à adresser un message de solidarité. "Une pensée ce soir pour notre collègue correspondant à Lyon qui a été blessé au dos lors de heurts entre les forces de l’ordre et un groupe de jeunes en marge des manifestations", a-t-elle déclaré, précisant qu’il était soigné et que son état n’inspirait pas d’inquiétude : "Il a été pris en charge et transporté à l’hôpital. Nous pensons à lui ce soir."
Arrivée à la tête du JT le 1er septembre, en remplacement d’Anne-Sophie Lapix, celle qui s'est déjà mis à dos une partie de l'équipe occupe désormais un poste hautement exposé. Habituée des interviews marquantes et des séquences qui suscitent le débat, celle qui a reçu le soutien d'une personnalité suite à son interview de Marion Cotillard poursuit son installation au 20 heures, tout en affrontant déjà critiques et comparaisons avec ses concurrents, notamment Gilles Bouleau sur TF1.
La journée du 18 septembre restera ainsi doublement symbolique : d’un côté, une contestation sociale massive cherchant à peser sur les orientations du gouvernement ; de l’autre, un rappel des risques auxquels sont exposés les reporters sur le terrain, même lorsqu’ils couvrent de simples mouvements sociaux. Et pour Léa Salamé, cette édition du 20 heures avait une résonance particulière, puisqu’elle a dû la présenter dans un contexte tendu, marqué par la grève d’une partie de la rédaction chargée de l’émission.
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