





C'est une affaire qui secoue discrètement le monde du luxe européen ! Nicolas Puech, descendant de la prestigieuse maison Hermès, réclame que la justice fasse toute la lumière sur la disparition mystérieuse de plusieurs millions d’actions du groupe familial. Ce nouvel appel à la vérité intervient quelques jours après le suicide d’Éric Freymond, ancien gestionnaire de sa fortune et figure centrale dans ce contentieux de longue haleine. Dans un communiqué transmis par son avocate à l'AFP, l’héritier s’est dit profondément affecté par cette disparition. Malgré les litiges qui les opposaient, il a exprimé ses condoléances à la famille du défunt, tout en appelant les autorités suisses à clarifier les circonstances de cette mort survenue dans un contexte judiciaire tendu.
Pendant un quart de siècle, Eric Freymond avait été à la fois un conseiller financier et un proche, gestionnaire de confiance d’une fortune immense héritée d’Hermès, dont on ne présente plus les sacs et autres objets de luxe. Mais cette relation s’est fracturée brutalement en 2023, lorsqu’un conflit retentissant a éclaté autour de la gestion de 6 millions de titres de la société Hermès International — une participation représentant aujourd’hui près de 14,5 milliards d’euros. Âgé de 82 ans, Nicolas Puech, souvent dépeint comme discret et parfois éloigné du reste de sa famille, affirme avoir été dépouillé de ses actions via des opérations financières qu’il qualifie de sophistiquées et opaques. Il dépose alors plainte contre Eric Freymond, l’accusant d’avoir mis en place des mécanismes destinés à soustraire ces actifs de son patrimoine. Une enquête judiciaire est ouverte à Genève, mais se conclut par un non-lieu en faveur du gestionnaire.
"La vérité doit prévaloir, avec calme et méthode"
Pourtant, loin de se satisfaire de cette décision, Nicolas Puech poursuit son combat en France, où une plainte parallèle est en cours. Pour lui, le cœur du problème demeure entier : les titres ont-ils été vendus — et si oui, à qui et à quel moment ? Cette interrogation prend une tournure particulièrement sensible, car elle entre en résonance avec l’épisode célèbre du "raid" boursier de Bernard Arnault, lorsque le patron de LVMH avait discrètement acquis une part significative du capital d’Hermès, suscitant l’émoi dans le secteur du luxe.
Dans cette affaire à tiroirs, les dimensions personnelles et patrimoniales s’entremêlent. Pour Nicolas Puech, qui s’estime "trahi", ce combat ne relève pas seulement de la finance. Il s’agit de rétablir une vérité, que seule une enquête rigoureuse et indépendante pourra établir. "La vérité doit prévaloir, avec calme et méthode", insiste-t-il dans son communiqué. Du côté des proches d'Eric Freymond, le ton est à la douleur et à la défense. Selon ses avocats, leur client aurait été "anéanti par la force des accusations", un homme broyé par le poids du soupçon, malgré sa relaxe en Suisse.
Au-delà du deuil et du scandale financier, l’affaire illustre les tensions invisibles qui peuvent secouer les héritiers de fortunes industrielles. Pour Nicolas Puech, le combat semble loin d’être terminé. Et ce combat s'était doublé, il y a quelques années, d’un épisode aussi inattendu que controversé : l’annonce de son intention d’adopter son ancien jardinier marocain, âgé de 51 ans, afin de lui transmettre une partie de son immense patrimoine. Le couple formé par cet homme et sa compagne aurait déjà reçu, selon la presse suisse, des biens immobiliers d'une valeur estimée à plus de 60 millions de francs suisses. Mais avec la disparition inexpliquée de sa fortune, ce projet d’adoption semble désormais caduc. Les proches de Nicolas Puech, eux, s’étaient inquiétés d’un éventuel abus de faiblesse.