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Catherine Deneuve irradie lors de son sacre au Festival Lumière

Catherine Deneuve lors de la remise du Prix Lumière 2016 durant le 8ème Festival Lumière à Lyon, le 14 octobre 2016
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Catherine Deneuve lors de la remise du Prix Lumière 2016 durant le 8ème Festival Lumière à Lyon, le 14 octobre 2016
Il aura fallu attendre huit ans pour que le Festival Lumière honore une femme, mais pas n'importe laquelle !

C'est une Catherine Deneuve lumineuse qui est arrivée à Lyon (ville des inventeurs du cinéma) vendredi 14 octobre pour recevoir le Prix Lumière. Première femme à figurer au palmarès de cette manifestation, succédant ainsi à Martin Scorsese, l'actrice a le goût de l'aventure "originale" comme le confesse l'acteur Vincent Lindon à la fois heureux et impressionné.

Vêtue d'une longue robe noire, Catherine Deneuve (72 ans) s'est prêtée au jeu de la masterclass avant de recevoir le huitième prix Lumière (une boîte de cinématographe Lumière en bois et laiton) des mains de Roman Polanski. Le réalisateur qui l'a dirigée il y a cinquante ans dans Répulsion a tenu à lui murmurer quelques mots touchants : "A l'époque de Répulsion on était jeunes, on était beaux... on était surtout heureux. (...) Je ne pensais pas qu'un jour, on serait ici. Je ne pensais pas qu'on tiendrait si longtemps. Je t'aime, Catherine !"

Ce prix, Catherine Deneuve l'a dédié aux agriculteurs, faisant allusion au film Profils paysans de Raymond Depardon : "Je me suis engagée pour l'avortement, contre la peine de mort mais on ne peut pas dire que je sois vraiment une femme engagée. Je ne me suis jamais engagée pour des politiques mais pour des causes."

Puis, l'actrice est revenue sur sa carrière et ses choix devant une foule d'anonymes énamourés mais de personnalités venues lui rendre hommage à l'instar de sa fille Chiara Mastroianni, de Quentin Tarantino, Benoît Maginel, Gilbert Melki, Marina Hands, Régis Wargnier, Emmanuelle Bercot et même Marina Paredes, la muse d'Almodovar.

Souvenirs de Cannes

Dans l'écrin du théâtre des Célestins, la star, ultime représentante de l'élégance avoue se sentir "très française" mais pas "très parisienne", n'hésitant pas à écorner l'image d'une autre ville : Cannes. Elle se souvient notamment de cette avant-première de La Grande Bouffe. Elle accompagnait l'équipe et particulièrement Marcello Mastroianni, père de sa fille Chiara. "J'étais assez ahurie de la violence, il y a une femme qui a craché sur Ferreri [le réalisateur, NDLR]. C'est un film dérangeant mais en même temps Cannes, c'est très particulier parce qu'à la fois c'est les gens de cinéma et, en même temps, c'est le public de la ville de Cannes."

"Ils sont quand même particuliers les Cannois, c'est très différent la Côte d'Azur", continue-t-elle avant que Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière de Lyon et également délégué général du festival de Cannes, la coupe, mi-amusé mi-inquiet: "Vous ne le tweetez pas ça".

Cinéphile boulimique, l'icône a également avoué "regarder pas mal de films français et asiatiques". Une confidence qui résonne forcément dans ce festival dédié aux films classiques et qui lui rend hommage. "J'aime rentrer dans une salle de cinéma et m'installer dans le noir, dans cette atmosphère, avec des gens que je ne connais pas. (...) J'ai la chance d'habiter un quartier où il y a beaucoup de cinémas", a-t-elle déclaré.

Dans ce festival d'honneur, la première dame des lumières a conclu, face à une assistance déjà conquise : "C'est une situation assez exceptionnelle que je ne revivrai jamais. Et c'est sans aucune tristesse que je dis ça. Etre ici avec tous ces gens est bouleversant. Je suis heureuse et émue. Je vous dis ma gratitude et vous remercie de m'avoir choisie."

Stéphanie Laskar

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