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Lana del Rey: Fierté nationale, icône charnelle, égérie née, le désir pour hymne

Une "Nancy Sinatra gangsta", une "Nicki Minaj dans le corps de Lana Turner" : en somme, une icône américaine atemporelle et une manifestation féminine intempestive, il ne manquait plus à Lana del Rey qu'un hymne dans lequel se draper impérieusement, liberté boudeuse guidant le peuple mélomane. Avec le charisme d'une femme fatale, l'aura anachronique d'une icône hollywoodienne des années 1950, le mysticisme impénétrable d'une déité. Et une voix à l'empreinte surnaturelle.

Déjà, elle se lovait, fragile et pourtant inaccessible, sur fond de star-spangled banner dans les bras d'un apollon, image picturale d'une intensité hypnotique qui servait de tableau d'ouverture et de clôture au clip somptueux de Born to Die. Une réalisation du brillant Woodkid (Yoann Lemoine), qui venait assoir, dans les fastes du château de Fontainebleau et la luxuriance de cadrages dignes de l'âge d'or hollywoodien des films d'inspiration antique, la photogénie captivante et ce je-ne-sais-quoi terriblement charnel de Lizzy Grant, alias Lana del Rey.

La voilà qui brandit depuis quelques heures son National Anthem, (encore) un titre extrait de son album Born to Die à paraître à la fin du mois, en écoute sur soulculture.co.uk. Les chansons de Lana del Rey, devenue en l'espace de quelques vidéos cousues main (Blue Jeans, Video Games, Off to the races) un phénomène de la webculture, surgissent comme autant de pop-ups addictives, et celle-ci n'a pas fait exception, affolant la buzzosphère. Dotée d'un visuel pour lequel l'Américaine de 25 ans arbore un mini-short et sweat-shirt très leisure imprimé du drapeau américain, National Anthem (Hymne National, en français) permet à la facette Nicki Minaj de prendre le dessus : le songwriting impeccable de Lana del Rey se révèle cette fois-ci dans une dimension très rythmique, très hip hop de sa langue si suggestive. Les couplets, en phase avec la thématique du morceau (un cocktail très hollywoodien de billets verts et de romance qui n'est pas sans rappeler The Fame de Lady Gaga et sa dépiction de la vie des "rich and famous" - "money is the anthem... of success", susurre Lana en guise d'introduction), sont diablement accrocheurs. Lascive, provocante, excitante, la voix de Lana se métamorphose et multiplie ses attraits, dans un jeu de séduction effrontée qui trouve une sorte d'apothéose sexuelle dans son refrain, la diva chevauchant son auditeur au son de : "tell me i'm your national anthem/ooooh, yeah, baby, bow down, making me so wow, wow/tell me i'm your national anthem/sugar, sugar, how now, take your body down town/red, white, blue's in the skies/summer's in the air and baby, heaven's in your eyes/i'm your national anthem." Femme évanescente et hantée par le désir à la fois...

Le bridge, somptueusement suave et mélodieux, achève d'envoûter et de faire exister cette "love story for the new age, for the six page" ("overdosing, dying/on our drugs and our love and our dreams and our rage/blurring the lines between real and the fake/love again, lonely").

Et, au-delà du fantasme que matérialise Born to die, on se délecte d'une composition musicale audacieuse et de haute volée, bien plus fine que le titre "hymnique" et le roulement de caisse claire liminaire pouvaient le laisser supposer. Couplets soutenus par un riff implacable, nappes discrètes instillant une touche d'amertume, refrain aérien et ample, bridge d'ivresse et d'abandon, le tout dans des arrangements qui conjuguent son dirty saturé et voix de cristal transperçante - un peu une anti-Gaga de ce point de vue-là, tant le pouvoir d'attraction de Lana repose sur sa langueur magnétique quand sa compatriote joue sur un registre plus "agressif".

Le pouvoir de fascination de Lana del Rey est en fait devenu tel que, même sans l'image, on "entend" la moue dangereuse de ses lèvres si pulpeuses et le stoïcisme glacé de son regard troublant.

Une interview pour lever le voile...

Icône féminine nimbée de mystère, qui devrait bientôt jouer les mannequins après la révélation par l'édition britannique du magazine Elle d'un contrat signé avec Next Models Management (écurie d'Alice Dellal, Karlie Kloss, Arizona Muse), Lana del Rey livre quelques clés précieuses dans une interview fraîchement accordée aux Inrockuptibles. "Vision lynchienne", "hologramme", "irréalité" - en dépit de ses lèvres qui hantent et de ce côté très charnel qu'elle mettait en avant dans La Boîte à Questions de Canal+... - de cette jeune femme au "chant de sirène" et à la "voix maîtresse" : si le portrait halluciné proposé par Les Inrocks est saisissant, les confidences exceptionnelles de Lana del Rey, pourtant taiseuse, sont bien plus édifiantes encore, de souvenirs d'enfance en visions cinématographiques, de Lake Placid à son repaire secret dans Big Apple.

En vrac et en beauté :

"Je n'ai aucune discipline, aucune technique, je n'ai jamais pris la moindre leçon. J'aime juste jouer avec ma voix, du plus aigu au plus grave. Quand je m'entends chanter, l'autorité de ma voix me sidère. Ça paraît naïf de dire ça, mais j'adore mes chansons, je suis émue aux larmes..."

"Je leur [mes producteurs] demande par exemple que les cordes sonnent comme la rencontre d'American Beauty et de Bruce Springsteen à Miami. Ou je leur dis : "Pense à une lycéenne qui fait le mur pour aller se défoncer"."

"Les films sont une thérapie pour moi, je les regarde seule, toujours les mêmes, attendant leur happy end. Ils m'inspirent musicalement, notamment pour les cordes, mais pas pour les paroles, car là, tout est autobiographique : je ne peux pas emprunter, tricher."

"J'ai vraiment été sauvée par les poètes beat, ils ont ouvert une immense fenêtre pour moi, tout en me rassurant sur ma santé mentale. A Lake Placid, il n'y avait pas grand monde avec qui partager mon univers : les livres sont donc devenus mes amis intimes. Ils me parlaient de New York, de gens dont je devenais l'intime."

"Je suis avant tout une écrivaine, puis peut-être une chanteuse. Monter sur scène, c'est contre ma nature, je ne suis pas née exhibitionniste."

"La musique des autres ne m'inspire pas pour la mienne. Je serais d'ailleurs bien incapable de décrire ma musique, ses influences. Elle est juste... trop bizarre. J'aime quand mes chansons et moi ne faisons qu'un, je l'ai ressenti dès que j'ai écrit Video Games. Puis j'ai écrit très rapidement Blue Jeans sur la plage de Santa Monica, et là, j'ai su ce que serait l'ambiance de l'album : un côté à la fois estival et sombre, la jouissance des feux de l'été et la certitude que ça ne durera pas."

"Même si j'ai passé la plus grande partie de ma vie enfermée dans ma tête, je suis hantée par le plaisir physique. J'adore ma chanson Born to Die pour ça : blottie dans ses bras, j'y ressens la passion de mon amoureux, une vraie métamorphose neurologique. Ça me fait vraiment du bien d'échapper à ma réalité mentale. J'aime juxtaposer ce sentiment d'extase avec cette idée fixe que tout se finit par la mort... Je ne connais pas de meilleure combinaison que l'animal et le cérébral."

Le fauve divin est lâché...

Guillaume Joffroy

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