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Le fils de Philippe de Villiers revient avec sa version des faits, un livre choc

La cour d'appel de Versailles a décidé le 17 décembre 2010 qu'il n'y a pas de charges suffisantes à l'encontre de Guillaume de Villiers, fils de l'eurodéputé Philippe de Villiers, fondateur du parti de droite souverainiste Mouvement pour la France. La justice a donc décidé un non-lieu en sa faveur, il n'y aura pas de procès pour savoir si Laurent de Villiers, son frère cadet, a été victime d'agressions sexuelles par son aîné, lorsqu'il était mineur. On sait désormais que la Cour de cassation examinera le 7 décembre le pourvoi formé par ce même Laurent de Villiers contre ce non-lieu. Un procès est donc possible, mais les statistiques de réussite de ce genre de procédure sont cependant faibles. En attendant que la justice se décide, Laurent de Villiers revient sur la scène médiatique avec un livre : Tais-toi et pardonne.

Affaire classée

Le dossier étant classé, Laurent de Villiers, fin jeune homme de 27 ans aux traits bien sages, est alors accusé par les avocats de son frère, Guillaume de Villiers, de vouloir faire pression sur la justice avec son récit. L'ouvrage serait à "80% la reprise d'un livre écrit en 2006 sous la plume d'un salarié de l'éditeur Robert Laffont et que ce dernier avait renoncé à publier, le jugeant diffamatoire", toujours selon l'avocat.

Malgré le spectre de poursuites pour diffamation, Laurent de Villiers a souhaité publier son histoire, avec ce qui a tout d'un livre-choc, Tais-toi et pardonne, qui paraît aux éditions Flammarion. Ce titre fait référence à la phrase que sa mère disait, quand il lui a raconté ce que son frère lui faisait endurer. Il déclare avoir porté plainte pour essayer de se recontruire, non pas pour détruire quelqu'un, mais qu'aujourd'hui, il a pardonné, "pas pour leur faire plaisir, mais pour moi, pour être en paix", dit-il dans Libération.

Sa version des faits

L'Express publie des passages de Tais-toi et pardonne. Sans juger le fond du dossier, l'hebdomadaire a décidé de mettre en lumière la parole de cet homme, désormais exilé aux Etats-Unis, dans le Nebraska, où il vit avec sa femme, Renée, rencontrée en 2005 à New York, alors qu'il avait été envoyé dans une communauté de moines franciscains où les Villiers espéraient qu'il revêtirait la robe de bure, précise Libération. Ils sont désormais mariés, et parents d'une fille, Grace, 3 ans.

Avec ce livre, Laurent de Villiers veut montrer qu'on peut parler de l'inabordable, l'inceste, et qu'il faut le faire. C'est ainsi qu'il déclare lors de sa venue au Grand Journal de Canal+ le 2 novembre que les bénéfices de son ouvrage seront reversés à l'association AIVI (Association internationale des victimes de l'inceste).

A demi-mot, il raconte ses entrevues avec son frère durant l'enfance. Laurent de Villiers a 10 ans, son frère Guillaume six de plus : "Nous sommes samedi après-midi et tout le monde vaque à ses occupations. [...] Mon frère me demande de le suivre. [...] Je trouve jusqu'il est gentil pour une fois. [...] Il me dit que nous 'jouons', mais qu'il ne faut pas en parler. [...] Guillaume me fait peur. [...] Maman m'aide à ne rien dire." Sa mère, catholique ultra-pratiquante, utilisera la religion : "C'est le petit Jésus qui t'a puni." "Mais de quoi ?", se demandera-t-il. Son père dira, lui : "J'ai réfléchi. Cette histoire ne me regarde pas. C'est votre problème." Plus tard, il clamera que son fils a fabriqué une invention destinée à se venger d'un père qui lui avait ordonné de gagner sa vie seul.

Une enfance qu'il décrit en solitude remplie d'interdits (pas de télé, de musique, ni de petite amie). Un jour, il songera au suicide : "Je suis calme, le fusil entre mes mains. [...] Ça devrait être rapide. [...] Une sonnerie retentit. Le nom de Benoît apparaît sur l'écran illuminé. Mécaniquement, je décroche. [...] Merci Benoît." Ce Benoît restera l'ami fidèle. Et il y a aussi Anne de Kervanoael, cousine germaine de Philippe de Villiers, seule de la famille à soutenir Laurent, lit-on dans Libération.

En 2006, Laurent de Villiers porte donc plainte contre son frère, mais en juin 2007, il la retire. Dans son livre, il donne les éléments d'explication de sa réaction : "Papa me jure que nous allons tout régler ensemble. Que je dois lui faire confiance, qu'il me protégera. [...] Alors il me demande de retirer ma plainte." Dans les pages de son autobiographie, il rapporte aussi la réaction de son frère : "A ma vue, il tombe à genoux et me supplie de le pardonner. [...] 'Tu n'étais qu'un petit garçon, comment ai-je pu ?' ajoutera-t-il."

Le juge d'instruction du tribunal de grande instance de Versailles demande une confrontation entre les deux frères en novembre 2008 et Laurent de Villiers réactive sa plainte. "Durant la confrontation, Guillaume ne mâche rien. [...] Il s'est bien préparé. Moi je n'ai rien d'autres que la vérité."

Le récit se compose aussi de notes d'espoir : "Il m'aura fallu attendre de rencontrer ma fille pour comprendre ce qu'est la vie. Avec ses premiers pas, je refais les miens." Mais pour se reconstruire, il a pris une décision lourde de sens : renoncer à son nom. "Aujourd'hui, je ne suis plus le fils de personne."

Tais-toi et pardonne, par Laurent de Villiers, aux éditions Flammarion.

Retrouvez les extraits de ce livre dans L'Express du 2 novembre 2011
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