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Chavela Vargas : Mort de la 'Piaf mexicaine' au poncho rouge, muse d'Almodovar

"Adieu, volcan", a écrit sur Facebook le cinéaste Pedro Almodovar, expert en femmes incendiaires et en personnalités de feu, qui voyait en elle, outre une amie personnelle et une icône, la Edith Piaf mexicaine, et portait aux nues cette "voix rugueuse de la tendresse". La chanteuse Chavela Vargas, Isabel Vargas Lizano de son vrai nom, est morte dimanche 5 août 2012 à l'âge de 93 ans, à Cuernavaca (centre du Mexique), quelques jours après avoir été hospitalisée en raison d'une détresse cardio-respiratoire.

Souffrant d'insuffisance respiratoire aiguë, de bronchopneumonie et de défaillance rénale chronique, la "dame au poncho rouge" s'est éteinte "paisiblement", "avec le Mexique dans le coeur". "Elle est restée consciente jusqu'à la fin", a témoigné le docteur José Manuel Nuñez, rapportant qu'elle était partie avec "ses plus beaux souvenirs et les applaudissements de son public", en remerciant tout le monde, des médias à ses fans et ceux qui l'ont soutenue.

Cette éminente ambassadrice de la chanson ranchera, genre populaire de l'ouest du Mexique, en général pratiqué par des hommes, qui avait eu son heure de gloire mondiale dans les années 1960-1970 avec les interprétations vibrantes de ses grands succès (La Llorona, Piensa en mi, El ultimo trago) avant de sombrer dans l'alcoolisme et de n'émerger à nouveau que dans les années 1990, avait tenu à mourir sur le sol mexicain : elle était rentrée le 26 juillet d'Espagne, un voyage que, en dépit de son état de santé délicat, elle avait tenu à effectuer pour réaliser sa dernière volonté, à savoir faire ses adieux à l'auteur Federico García Lorca (1898-1936), auteur qui a accompagné ses dernières années et à qui elle a dédié son dernier album, La luna grande. Le 1er juillet, à Madrid, elle avait présenté à la résidence universitaire ses mémoires (Dos vidas necesito. Las verdades de Chavela. - C'est deux vies qu'il me faut. Les vérités de Chavela) et "chanté pour Federico" - son ultime récital. Elle avait dû ensuite être hospitalisée sur place durant une semaine avant de pouvoir faire le vol retour.

Véritable choc dans son pays, sa disparition laisse jusque sur le plan international l'empreinte d'une "légende marquée par les turbulences d'une vie de musique, de rébellion, d'alcool et d'homosexualité affichée", résume l'AFP, qui propose de Chavela Vargas un portrait à l'aune de cette réplique qu'elle avait coutume d'employer : "Quand je suis née, j'ai chanté au lieu de pleurer", avait-elle coutume de dire.

Née le 19 avril 1919 à San Joaquin de Flores, au Costa Rica, d'une mère au foyer et d'un père chef de la police, Isabel Vargas Lizano (Chavela étant un sobriquet donné aux animaux domestiques) avait quitté son pays natal dès l'adolescence, faute d'opportunités musicales et en réaction à la société ultraconservatrice qui faisait obstacle à son talent et son homosexualité. "Je vivais dans un enfer", "comme une bête curieuse", disait-elle. Chantant dans les rues, habillée en homme, fumant le cigare, buvant copieusement, portant un flingue et un poncho rouge qui restera son emblème sur scène, Chavela Vargas sera repérée vers ses 30 ans sur la grande avenue Insurgentes de Mexico par le chanteur et compositeur phare de la musique ranchera José Alfredo Jimenez, qui deviendra l'auteur de ses principaux succès et lui permettra de publier en 1961 son premier album Noche de Bohemia.

L'AFP revient sur l'ascension de "la dame au poncho rouge" : "Dans les années 40, elle s'est liée d'amitié avec les peintres mexicains Frida Kahlo [une amitié très intime, pour certains, NDLR] et Diego Rivera, qui l'accueillirent un temps dans leur maison. Elle commença à connaître le vrai succès vers la fin des années 50, notamment à Acapulco, grand centre du tourisme international. Elle y chanta notamment lors d'une des noces d'Elizabeth Taylor et y connut Ava Gardner. 'Chavela a su vivre comme elle en avait envie, à une époque où personne ne savait vivre à sa guise', a dit d'elle l'écrivain mexicain Carlos Monsivais. Sa période la plus féconde va de l'enregistrement de son premier disque en 1961 jusqu'à la fin des années 70 où elle se retire de la scène pour une vingtaine d'années. La journaliste colombienne Marianne Ponsford a raconté qu'à partir de ce moment-là, elle a commencé à se lever vers midi, commençait à boire et ne s'arrêtait qu'au bout de la nuit. Elle avait coutume de dire qu'elle était restée en bonne forme parce que son corps s'était conservé dans l'alcool. 'J'ai passé vingt ans bourrée et les gens m'ont oubliée'."

Après cette noyade dans l'alcool longue de quinze ans, qu'elle appela "mes quinze ans en enfer" dans son autobiographie (Y si quieres saber de mi pasado - Et si vous voulez connaître mon passé), Chavela Vargas, qui aura enregistré plus de 80 disques en cinquante ans, revint à la lumière et remonta sur scène en 1991, passant même à l'Olympia de Paris et au Carnegie Hall de New York, avec l'appui de son aficionado numéro un, Pedro Almodovar. Elle a d'ailleurs participé à plusieurs de ses films, qui ont contribué à sa renommée, dont La Fleur de mon secret (La Flor de mi secreto). Mais aussi à Frida (2002), de Julia Taymor, dans lequel elle chantait ses standards La Llorona ("la pleureuse") et Paloma Negra ("Colombe noire"), ou encore Babel (2006), d'Alejandro Gonzalez Iñárritu.

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